La cartographie du web en question

thibaut_thomas_smallThibaut Thomas appartient à la Génération Y et le revendique fièrement. Cet étudiant chercheur en Sciences de l’Information-Communication s’intéresse aux comportements en ligne et mène également une activité de consultant en Medias Sociaux. Son blog : http://www.thibautthomas.com

L’actualité des médias sociaux nous abreuve de cartes, graphes, visualisations, qui appartient au genre plus large du DataP0rn, cette fascination pour la représentation des données.
A titre d’exemples, les cartes de la blogosphère européenne trônent en bonne place dans les bureaux d’éminents spécialistes du web, et les enthousiastes recherchent le frisson quotidien sur Visual Complexity, ou à travers les applications de cartographie des comptes Facebook.

La carte est bluffante, et c’est un double sens. Elle provoque notre curiosité, nous oblige à suivre les itinéraires tracés, emprunter les pistes qu’elle propose, essayer de dégager une interprétation, des formes (des clusters ?), des liaisons, des disjonctions, des centres, des périphéries. Elle est aussi, et surtout,  une image virtuelle, synthétique, fabriquée. Et c’est précisément ce processus de fabrication que nous avons tendance à oublier. La revue Communication & Langages, a consacré un dossier à la cartographie et ses rapports avec les Sciences de l’Information-Communication dans le dernier numéro, et notamment à la cartographie du web, qui nous encourage à la réflexion sur notre utilisation des cartes.

rtgi

Une pratique divinatoire

Afin de mieux comprendre ce qu’est la cartographie du web, Emmanuël Souchier, directeur du laboratoire GRIPIC au CELSA-Paris-Sorbonne entend rappeler les conditions de la naissance de l’écriture, aux temps où les pratiques divinatoires se sont développées, en Chine ou en Mésopotamie. Ces pratiques ne sont en aucun cas des pratiques prédictives, mais sont plutôt de l’ordre de la déduction, après une observation minutieuse de signes,  à partir de l’observation de foies (Mésopotamie), ou des craquèlements d’une carapace de tortue brûlée (Chine). En d’autres termes, les devins d’alors fabriquaient des signes, puis les interprétaient : toute une technique s’est ainsi élaborée pour brûler les carapaces de manière à ce qu’elles produisent des signes les plus clairs possibles, c’est à dire facilement identifiables. Ensuite, à charge au devin, grâce à un entraînement très long et très laborieux, d’interpréter ces signes, donc de reconnaître les formes créées, et les associer à ce que son savoir encyclopédique compte de significations, par déduction.

A leur tour, les cartographes du web fabriquent, au sens propre, des outils (web-crawlers, algorithmes…), qui permettent eux-mêmes de créer des signes (toutes les cartes potentiellement créées à partir des outils), qui seront ensuite interprétés (discours, analyse, voir recommandations).

Ne nous trompons pas : le passage de la carte à l’analyse ne relève pas du domaine de l’invention, encore moins de la tromperie. Il exige des méthodes rigoureuses de classement, de déduction, qui font écho à la pratique scientifique. C’est ce même passage, chez les devins de l’antiquité, qui a permis l’émergence de la pensée rationnelle scientifique : établir que telle craquelure sur la carapace de tortue renvoie à tel événement, c’est jalonner la pensée humaine et la préparer pour que, des siècles plus tard, à force de classer, classifier, partager, reconnaître le même et le différent,  elle puisse établir des diagnostics médicaux.

Un art de faire

Allons plus loin : à chaque étape, les cartographes convoquent un certain nombre de présupposés, de croyances au sens propre : la croyance au réseau par exemple. La vidéo « History of the Internet« , abondamment bloggée, est un exemple parfait : le concepteur est tellement habitué à la représentation dominante d’internet, c’est à dire à celle tirée des schémas d’informaticiens modélisant les liens entre des machines physiques, qu’il ne peut s’empêcher de représenter des ordinateurs connectés entre eux comme étant une « histoire d’Internet ». De la même façon que deux dessinateurs peuvent avoir un style différent, même lorsqu’ils « copient » une oeuvre, les cartographes du web adoptent un véritable style, une patte, une vision de l’Art diront certains.

Ils choisissent ce qui doit faire sens, ce qui doit être souligné, ce qui doit être omis. Un lien hypertexte entre deux pages est-il un signe interprétable ? Des similitudes dans le vocabulaire employé par deux blogs sont-ils une indication d’une « proximité » ? C’est tout un imaginaire des réseaux informatiques physiques, mais aussi de la cartographie de l’espace qui est convoqué à chaque élaboration. En liaison avec cet imaginaire topographique, il s’agit aussi d’inventer ou redécouvrir des termes qui nomment ce que seuls les cartographes ont le pouvoir de donner à voir, de la blogosphère à l’agora, en passant par les clusters.

On peut soumettre à la critique ces croyances qui semblent dominer la cartographie du web à l’heure actuelle, après tout, si l’on se place du point de vue de l’utilisateur, tous les sites sont à égales distance de lui, puisqu’en saisissant leur adresse URL dans son navigateur il peut tous les rejoindre en un seul clic…. la géométrie d’internet est-elle alors un point ?

Borgès avait évoqué, pour être ensuite pastiché par Umberto Eco, un royaume ancien dans lequel les cartographes, pour ne pas trahir la réalité, avaient élaboré une carte à l’échelle 1:1 de l’Empire. La réalité est moins poétique : tracer, c’est trahir l’idée même de vérité, c’est accepter de fabriquer de toute pièces un autre monde à analyser.

Le cartographe et l’Empereur de Chine

Il n’y a pas lieu d’attaquer nos cartographes : leurs travaux permettent à des publics  de plus en plus nombreux de comprendre et orienter au mieux leur pratique d’internet. Qu’importe la construction précédant l’analyse : nous sommes tous des Empereurs chinois, qui avons choisi d’avoir foi en nos cartographes-devins. Si tout le monde y croit, alors c’est déjà constituer une base commune pour discuter ensemble des phénomènes qui semblent émerger du web. Tout l’enjeu est d’être conscients des implications de cet acte de foi envers nos cartographes, de l’immense responsabilité que nous leur attribuons de nous guider.

« Les enjeux sont nombreux et de diverses natures : encyclopédiques et scientifiques, économiques, politiques et sociaux. Les cartographes du web cherchent un pouvoir, le pouvoir de dire  le monde qu’ils élaborent. Ce pouvoir de signification est également un pouvoir économique. Il leur donnera prise sur leurs congénères, car au travers de la « maîtrises » technique ils sauront interpréter ce que les autres ignoreront. Les cartographes du web seront les devins de demain, ils inventent une écriture et les prérogatives qui l’accompagnent. »

Emmanuël Souchier, Internet : naissance d’une écriture divinatoire ?,
in Communication & Langages numéro 158, décembre 2008, Armand Colin, p105


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13 commentaires pour cet article

  1. Yann Leroux

    Je n’ai pas lu l’article racine, et j’espère bien mettre la main dessus sous peu. Je dis « racine » à dessein parce que c’est une métaphore que tout le monde comprend ici puisqu’elle vient de nos disques durs. C’est une façon de dire que les ordinateurs ont profondément frayés notre langue, et par la même nos pensées et nos cultures. Il est est difficile de déterminer si toutes les métaphores empruntées au monde informatique que nous utilisons tous les jours sont un reflet de l’impact des machines et du réseau sur nos vie, ou si elles en sont le point de départ mais ce n’est pas la l’important

    L’important est que nous faisons la même chose avec autre chose. De ce que je comprend du compte rendu fait ici du texte d’Emmanuël Souchier, nous faisons la même chose que les Empereurs de Chine. Nous cherchons a simplifier l’extraordinaire complexité a laquelle nous sommes confrontés en nous dotant d’outils de visualisation. Dans The New Renaissance, Robertson montre que la quantité d’information a laquelle nous sommes banalement confrontés est incomparablement importante que celle qu’un Leibniz pouvait saisir. A l’échelle de leur temps, les Empereurs chinois étaient eux aussi confronté a la complexité que leur immmense empire générait

    Si nous sommes tous des Empereurs Chinois, cela montre également que nous faisons autre chose avec la même chose. Cette complexité nous a changé. Radicalement. Nous avons nos empires a gérer. Ce ne sont pas des terres, des hommes, des animaux. Ce que nous gérons, ce sont des liens. Complexes. Multiples. Foisonnants. Certains nous enferment. D’autres nous libèrent. Tous font que nous nous somme « avec » d’une autre manière.

    Toute personne qui a tenté de faire de la cartographie avec les outils disponibles aura remarqué le coté « bricolage » de la chose. Un outil comme GUESS permet de visualiser un réseau avec 10.000 noeuds et tous ses liens, mais on est vite perdu de la nouvelle galaxie qui s’ouvre : qu’interpréter ? Que signifie telle variable dans tel contexte ? Certes, il y a quelque chose de la « divination » dans les opérations qui sont alors faites, mais il faut aussi se souvenir que l’humble bricolage ne cède en rien au niveau de la rigueur à la science la plus abstraite (Levi-Strauss). Il faut se souvenir aussi que tout ces mondes numériques viennent de quelques bricolages : ce sont les « hacks » de quelques uns qui nous ont donné ARPAnet, le mail, Usenet, le web.

  2. [Enikao]

    Intéressant, mais le web a ceci de particulier qu’il change quand on l’observe. Le cartographier sans le modifier est donc bien difficile… (mon billet en lien).

  3. Christophe D.

    « A leur tour, les cartographes du web fabriquent, au sens propre, des outils (web-crawlers, algorithmes…), qui permettent eux-mêmes de créer des signes (toutes les cartes potentiellement créées à partir des outils), qui seront ensuite interprétés (discours, analyse, voir recommandations). »

    J’ai du mal avec l’image de la pratique divinatoire. Pourquoi éviter le parallèle pourtant plus évident avec l’Histoire de la cartographie géographique ? La cartographie ne se cantonne qu’à représenter visuellement des données (plutôt en relation avec des territoires, à la différences des autres types de représentation graphique). De préférence, une carte doit être lisible par tous mais ce qui tient de l’analyse et des recommandations relève de domaines professionnels qui n’ont plus rien à voir avec la conception de cartes. C’est même plutôt le domaine des consultants en medias sociaux : ce sont eux les devins, les analystes et les prescripteurs, pas les cartographes ;-) Après, il y a des sociétés comme RTGI qui font les deux, mais sur le fond, il s’agit bien de deux pratiques distinctes. La cartographie, même géographique, consiste « juste » à représenter visuellement des relevés, ce qui suppose forcément une interprétation graphique mais cette caractéristique n’a rien de nouvelle. Ça n’enlève rien à l’éventuelle notion de subjectivité et de fiabilité des outils et des méthodes de relevés (voyez les formes bizarroïdes qu’avait le monde sur les cartes géographies anciennes : on en est là aujourd’hui, pour ce qui concerne les cartes du web). On peut dire que c’est du bricolage et que ce n’est pas parfait mais malgré vos explications, j’ai vraiment du mal à envisager le parallèle avec les pratiques divinatoires.

  4. Cab

    Intéressant la question du pouvoir des cartographes, mais globalement beaucoup de bruit pour parler des problématiques classiques de la représentation: la lettre et l’esprit, le rapport entre signifiant et signifié…

  5. Nicolas Cynober

    @Thibaut
    Article intéressant qui montre que la carte crée à partir d’un mécanisme méconnu provoque un résultat peut compréhensible. Un résultat propre à créer des devins.

    C’est le cas de Google et de la SEO (Search Engine Optimization). Google crée sa vision du web, des chemins linéaires à partir de mots clés, les 3 premiers noeuds étant les plus cliqués. Son algorithme, même si les grands principes sont connus, reste un élément secret et ne sera jamais entièrement dévoilé.
    Par dessus se crée des devins, des spécialistes en SEO, qui vous prédisent qu’avec tels ou tels changements sur votre site web, vous parviendrez à une meilleur position dans les cartes de Google. Les meilleurs devins sont particulièrement écoutés et payés.

    @Christophe D.
    Tu écrits: « La cartographie, même géographique, consiste « juste » à représenter visuellement des relevés, ce qui suppose forcément une interprétation graphique mais cette caractéristique n’a rien de nouvelle ».

    En effet pour Google les relevés sont des pages webs.
    La représentation graphique est un chemin linéaire et ordonné.

    @Yann
    Tu écrits: « Nous avons nos empires a gérer. Ce ne sont pas des terres, des hommes, des animaux. Ce que nous gérons, ce sont des liens. Complexes. Multiples. »

    C’est un des bénéfices que t’apporte peartrees, site pour lequel je travaille mais aussi dans lequel je gère mon empire. J’y ai cartographié mon web.
    Et pas besoin de devin, c’est moi qui vous guide dans les cartes de mon web.

  6. Fabrice Epelboin

    En tant que DataPorn addict, je ne peux que conseiller la lecture des excellent (et très jolis) livres d’Edward Tufte
    http://www.edwardtufte.com/tufte/

  7. Fabrice Epelboin

    Je viens de trouver ça: c’est complètement dans le ton…
    http://www.kitchin.org/atlas/

  8. Thibaut Thomas

    @Christophe D.
    La cartographie géographique pourrait être simplifiée en « je regarde, donc je dessine ». Ensuite, pour améliorer ce regard, on peut utiliser des outils qui prolongent les sens (arpenteur, lunettes de visée, GPS…)
    Par contre, la cartographie du web se résume grossièrement à « j’invente des outils, je regarde, je dessine ». Il n’y a rien à regarder a priori, il faut donc inventer l’outil qui crée du signe (avec les présupposés sur la nature du signe), avant de le représenter.

  9. Simon

    « Ce n’est pas le géographe qui va faire le compte des villes, des fleuves, des montagnes, des mers et des océans. La géographe est trop important pour flâner. Il ne quitte pas son bureau. Mais il reçoit les explorateurs. Il les interroge, et il prend note leurs souvenirs.»

    Le Petit Prince, ça passe vraiment partout.

    Sans rire, le web d’aujourd’hui, vous ne trouvez pas qu’il est mal rangée? C’est un gros tas construit empiriquement avec des amas d’informations non répertoriés, non rangées, parfois non datées… et l’on gagnerait forcement a améliorer les outils de classification, comme l’on travaille plus facilement sur un bureau un minimum propre. (cela dit cette thèse même pourrait être réfutée, rien qu’en disant « on a qu’a prendre une femme de ménage »).

    Sur le commentaire de @Nicolas, apparemment tu es très fan du Web Sémantique sur ton blog (autre sujet qui me passionne, même si je pense que l’on est loin d’être au point technologiquement pour la chose), je me permet de remarquer un point sensible.

    Certes tu es français et certes c’est culturel, mais pourquoi dire « Google crée sa vision du web »? Ils n’ont pas juste crée un algorithme qui marche mieux que les autres? Rien ne t’empêche de monter ton propre moteur de recherche plus collaboratif et… démocratique!

    Car finalement, on en est au moyen age du web, vous vous rappelez la carte qu’en faisait Tim Berners-Lee, le 13 mars 1989 ? On a déjà fait un petit chemin, mais « ce n’est qu’un combat, continuons le début™ »!

  10. Nicolas Cynober

    @Simon
    Tout à fait d’accord avec ton commentaire. Je me permets une petite rectification:
    Je ne dis pas que c’est mal de créer « une vision du web ». Google est un outil formidable. Mais c’est un fait, son algorithme produit une vision du web. Si tu utilises yahoo search, ou microsoft live, tu en auras une autre.
    Ce qui serait dangereux ce serait d’avoir une vision unique.

  11. Christophe D.

    À Thibaut :

    C’est donc l’immatérialité du web qui supposerait l’idée d’un certain pouvoir donné par « le public » à ceux qui tentent de cartographier internet, et par là même, de lui donner forme. À travers leurs représentations graphiques, ceux-là instaurent des codes visuels, des imaginaires, des schémas organisationnels qui pourraient se perpétrer dans l’esprit de beaucoup sans toujours être fondés scientifiquement, en étant parfois invérifiables, voire totalement sortis de l’imagination ou de l’intuition de quelques uns. Bon, je comprends déjà mieux (enfin je crois !) que les histoires de devins sino-mésopotamiens d’Emmanuel Souchier ;-)

    C’est sans doute vrai, même si c’est justement cette tentative de mise en forme de ce qu’on ne voit pas qui est passionnante. Emmanuel Souchier nous fait remonter à l’antiquité, et personnellement j’irais plus loin : nous n’en sommes qu’à la préhistoire du web et de son observation (plus que la cartographie, c’est l’observation du web qui est le nerf de la guerre, n’est-ce pas ?). Lorsqu’on aura 80 ans, je pense que l’on se souviendra des méthodes d’observation de notre web des années 2000 avec un air amusé et attendri.

  12. Sébastien

    Excellent article, on peut en effet voir un parallèle entre la représentations des données sous forme de graphes, issue d’une science émergente appelée Network Science aux Etats-Unis (http://en.wikipedia.org/wiki/Network_science) et la naissance de la Science à partir de l’art divinatoire. En deux mots, pour la première fois dans l’Histoire, on s’intéresse non plus aux choses en eux-même, mais au relations et interactions entre les choses (des sites web, mais aussi des individus, des protéines…).

    Le plus délicat est l’élaboration de clés de lecture exploitables par les experts des domaines concernés, car la valeur des cartes ne réside pas dans une interprétation directe, mais dans l’interprétation des données sous-jacentes. L’enjeu majeur est de construire des concepts et des méthodes permettant de les appréhender, et de les rendre appréhendables par les foules.

    Quelques cours en ligne sur le Web objet d’étude scientifique : http://web-mining.fr/methodes/ic05-2008-le-web-objet-de-science

    L’association française de Recherche sur le web : http://is.gd/oage

    Pour démystifier la construction d’une carte : http://web-mining.fr/methodes/spatialisation-graphes

    Des outils open source : http://web-mining.fr/technologies

    Un documentaire (en anglais) sur cette science émergente, ses espoirs et ces enjeux : http://gephi.org/2008/how-kevin-bacon-cured-cancer/

  13. Scriptopolis

    Intéressant de remettre en perspective cette question de cartographie.

    Plus généralement, ce que pointe le problème, c’est tout le contraire de la réduction de Cab. Il n’y a pas de relation entre signifiant et signifié dans cette histoire, il y a performation du monde. Le grand classique sur cette question est l’article Les vues de l’esprit de B. Latour (Cultures Techniques Vol. 14 – 1985) qui met en lumière le caractère politique de toute carte.
    Et pour aller plus loin, il ne faut pas s’arrêter aux cartes, mais à la dimension performative de tout énoncé scientifique, qu’elle que soit sa forme. Comme le dit très bien Thibaut, l’enjeu n’est pas là de critiquer a priori un travail qui ne dirait pas le « vrai », mais d’éclairer les conditions politiques de toute mise en forme du monde. Law et Singleton (Performing Technology’s Stories – 2000) discutent ça parfaitement en soulignant toutes les leçons de réflexivité qu’il faut en tirer. Choisir une histoire, ou une forme, pour représenter le monde, c’est faire un geste politique qu’il faut essayer de maîtriser le mieux possible.

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