Il est crucial de préserver la neutralité du Net !

« La neutralité du Net ». Ce concept obscur est l’essence même du Net tel que nous le connaissons. Dans l’environnement numérique, elle est la garantie de la libre concurrence, de l’innovation et des libertés fondamentales. Jusqu’à présent, la neutralité du Net s’est imposée comme règle, tant pour des raisons techniques qu’économiques. Cependant, elle est aujourd’hui menacée par les opérateurs de réseaux1 [1] qui voient des opportunités commerciales dans le contrôle des flux d’informations qu’ils véhiculent. Il est crucial de saisir l’occasion qu’offre la troisième lecture de la révision des directives du « paquet télécom » pour prendre des mesures fortes destinées à protéger un Internet libre, ouvert et innovant au sein de l’Union Européenne.

Qu’est ce que la neutralité du net ?

Lorsque vous envoyez un courrier postal, le service postal ne l’ouvre pas pour décider comment l’acheminer en fonction de son contenu ou de l’identité de son émetteur. Son rôle se borne à acheminer votre correspondance. Le service est alors considéré comme neutre2 [2]. C’est la même chose avec Internet : si aucune forme de discrimination n’est appliquée en fonction de l’émetteur, du récepteur, ou de la nature même des informations qui y circulent, on peut alors parler de neutralité du Net. Les opérateurs ne décident pas si l’utilisation de tel service ou telle application ou si l’accès à un contenu donné doit avoir la priorité sur le reste du flux d’informations. Grâce à ce principe, chacun dans le monde, quel que soit son opérateur, a accès au même Internet3 [3].

Pourquoi a-t-on besoin de la « neutralité du Net » ?

Ce principe de neutralité du Net tel qu’on le connaît aujourd’hui est fondamental pour la protection de valeurs essentielles de nos sociétés :

  • La libre concurrence.

    Si un fournisseur d’accès porte atteinte à la neutralité du Net, il peut très facilement favoriser ses services par rapport à ceux de ses concurrents. Par exemple, en France, les trois opérateurs interdisent aux clients de leur « internet mobile » d’utiliser des logiciels de voix sur IP4 [4] (tels que Skype), les forçant ainsi à payer leurs communications nationales et internationales aux tarifs (élevés) de leurs réseaux. Le client ne peut même pas passer à la concurrence, car les trois opérateurs5 [5] appliquent la même politique6 [6]. Ces pratiques, fondamentalement anti-concurrentielles, sont nuisibles pour le consommateur, la croissance économique et l’innovation.

  • L’innovation

    Depuis sa création, Internet a été construit par ses utilisateurs. « Deux gus dans un garage » (ou dans une chambre d’étudiant) ont développé des myriades de projets et de start-ups microscopiques qui se se révèlent aujourd’hui incontournables. Il en va ainsi de Google, Wikipedia, Skype, eBay, BitTorrent, Twitter et de bien d’autres éléments essentiels d’Internet, utilisés dans le monde entier quelques mois après leur création. Cette « innovation sans permission » est saine et stimulante. Elle est bénéfique à toute l’économie. Que se passerait-il alors si le prochain acteur innovant devait demander à tous les opérateurs la permission d’utiliser leurs réseaux, ou payer pour obtenir une priorité normale7 [7] afin d’éviter des lenteurs fatales à l’utilité de sa création ? Cette perspective n’est pas sans déplaire aux différents opérateurs qui y voient l’opportunité de recentraliser et contrôler du Net.

  • Les libertés et droits fondamentaux

    Aux termes de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi » ; [...] en l’état actuel des moyens de communication et eu égard au développement généralisé des services de communication au public en ligne ainsi qu’à l’importance prise par ces services pour la participation à la vie démocratique et l’expression des idées et des opinions, ce droit implique la liberté d’accéder à ces services.

    C’est le Conseil constitutionnel qui a fait cette déclaration retentissante8 [8], confirmant ce que le Parlement européen a déjà exprimé à maintes reprises.

    Aujourd’hui, Internet un outil d’exercice de la liberté d’expression et de communication, elle-même essentielle pour le bon fonctionnement de nos démocraties. Blogs, microblogs, réseaux sociaux et messageries instantanées sont autant de nouvelles méthodes de participation au débat public. Dans une démocratie, seul un juge peut statuer sur les restrictions aux libertés fondamentales aussi importantes que la liberté d’expression. Que se passerait-il si le contrôle de ces nouveaux outils était laissé à quelques entreprises au nom de leurs profits ?

Pourquoi la neutralité du Net est-elle en danger ?

Internet se développe sans cesse. Jusqu’à présent, lorsque les réseaux des opérateurs étaient saturés, ils investissaient dans plus de bande passante et augmentaient la puissance de l’infrastructure globale que nous appelons Internet. Avec ces nouvelles possibilités de pratiques anti-concurrentielles lucratives, les opérateurs pourraient se tourner vers un nouveau business model : investir dans le contrôle de ce qui circule sur leurs réseaux, plutôt que d’investir dans de meilleurs réseaux. Ce modèle créerait des conditions d’autojustification de ces politiques : « Internet est devenu trop lent, nous sommes par conséquent obligés de contrôler et d’attribuer des priorités sur le contenu, les services et applications dont les propriétaires sont prêt à payer plus d’argent. » De tels arguments, accompagnés du mirage de la « fin d’Internet », ont été avancés devant le Parlement européen pour justifier l’abandon de la neutralité du Net, mais ne tiennent pas devant les réalités techniques. Une bande passante toujours moins onéreuse et une gestion raisonnable9 [9] du réseau permettent au réseau de grandir sur la base d’investissements structurels10 [10].

Comment nous sauverons la neutralité du Net

Dans le cadre de la révision du « paquet télécom » (les directives européennes qui réglementent le marché des télécommunications), l’opérateur américain AT&T mène une vaste campagne contre la neutralité du Net. Cette campagne est jusqu’ici couronnée de succès : la plupart de leurs requêtes ont été intégrées au texte voté en seconde lecture. Cependant, un amendement qui protège les libertés et droits fondamentaux de l’utilisateur – l’amendement 138 – a bloqué l’adoption du paquet télécom. Une troisième lecture cet automne est désormais engagée. Au cours de cette « procédure de conciliation », le Parlement Européen et le Conseil de l’Union européenne vont négocier de nouvelles modifications au texte. Les citoyens européens seront alors face à une opportunité décisive pour faire poids dans le débat s’il veulent protéger leurs droits et Internet :

  • Contactez par téléphone vos eurodéputés et informez-les de l’importance de la préservation de la neutralité du Net. Demandez-leur d’en informer les membres de leur groupe politique et de leur délégation.
  • Dès que le comité de conciliation du Paquet Télécom sera nommé, il est important de vérifier que chaque membre est bien informé des enjeux et est prêt à agir en faveur de la préservation de la neutralité du Net.
  • Parlez-en, bloguez, twittez, et informez la presse de ces enjeux.
  • Si votre fournisseur d’accès porte atteinte à la neutralité du Net dénoncez publiquement ses pratiques avant d’en changer.
  • Suivez nos campagnes pour vous tenir au courant des actions à venir.

Si nous n’agissons pas maintenant, une poignée d’opérateurs pourrait obtenir le contrôle du Net tel que nous le connaissons et transformer la plus belle invention pour le partage de la connaissance humaine depuis l’imprimerie en la vache à lait dont ils rêvent. S’ils réussissent à imposer une « télévision 2.0 », la libre concurrence, l’innovation et les libertés fondamentales pourraient alors tomber sous leur contrôle et devenir des vestiges du passé.

  1. 1. [11] L’exemple le plus récent est le fournisseur d’accès néerlandais USP, qui a décidé de manière unilatérale que certaines parties d’Internet deviendraient plus lentes pour ses utilisateurs.
  2. 2. [12] Il existe évidemment des exceptions justifiant le blocage de paquets par les fournisseurs d’accès, par exemple des raisons de sécurité.
  3. 3. [13] Quelques pays « sympathiques » ont délibérément supprimé ce principe de neutralité du réseau : c’est le cas de la République Populaire de Chine, de la République Islamique d’Iran, de la Corée du Nord, etc.
  4. 4. [14] Leur politique interdit tout autant le partage de fichier de pair à pair, la diffusion de flux vidéo ou audio, les newsgroups etc, afin de favoriser la distribution de leurs propres offres de contenus.
  5. 5. [15] Orange, SFR et Bouygues Télécom
  6. 6. [16] Les lois sur la concurrence se sont avérées inutiles pour réduire les ententes sur les tarifs de téléphonie mobile en 10 ans, invalidant de fait l’argument principal du rapporteur Malcom Harbour selon lequel les lois sur la consommation et la concurrence suffisaient à préserver la neutralité du net.
  7. 7. [17] Les fournisseurs d’accès qui plaident contre la neutralité du net affirment qu’il est nécessaire de donner priorité à certains types de services et applications plus que d’autres, ce qui en réalité leur permettrait d’investir dans des priorisations lucratives et anti-concurrentielles plutôt que dans leurs infrastructures.
  8. 8. [18] Dans sa décision du 10 juillet 2009 [19] (point 12) invalidant la loi HADOPI sur la « riposte graduée » qui permettait que la connexion à internet d’un abonné français puisse être coupée sur simple décision administrative.
  9. 9. [20] Une gestion raisonnable des pratiques sur le réseau permet à un fournisseur d’accès de se prémunir des problèmes liés à la sécurité tout en partageant sa bande passante disponible sans aucune discrimination entre ses utilisateurs.
  10. 10. [21] Un tel modèle d’investissement pour la croissance de l’Internet est d’autant plus justifié que, dans de nombreux pays, ces investissements structurels sont partiellement financés par les impôts des contribuables.

Texte initialement publié chez La Quadrature du Net, écrit par neurone227, sous licence CC-by-sa)


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22 commentaires pour cet article

  1. Martin

    On ne peut qu’être d’accord avec cet article, mais comment réagir ? L’auteur propose de dénoncer de tels abus et de changer de fournisseur d’accès, mais comment faire dans le cas de l’offre mobile ou les trois opérateurs sont de mèche ?

    La seule solution parait politique, mais quand on voit la méconnaissance du sujet par nos dirigeants (hadopi), comment espérer que la situation s’améliore ?

    Soutenons les initiatives qui dénoncent, les internautes doivent aussi avoir un groupe de pression le plus fort possible pour sauvegarder la neutralité du net !

  2. Fabrice Epelboin

    Courage, avec un peu de chance, il y aura Free comme quatrième opérateur. Ceci dit, il ‘y a rien qui ressemble de près ou de loin à la Net Neutrality sur les réseau mobiles, donc en ce qui concerne ce secteur, c’est foutu depuis longtemps.

    Avec les smartphone et leur accès web, ça commence a changer, mais hier, si vous aviez une super appli java pour mobile, il vous fallait passer des accords avec les opérateurs pour le distribuer, c’est tout l’inverse de la net neutrality (et please, pas de bashing sur Apple et l’iPhone, même si c’est une plateforme fermé et que c’est mal, Apple n’est pas un opérateur, inutile d’embrouiller le débat déjà complexe de la Net Neutrality)

  3. sir.chamallow

    Préservons la Neutralité du net, le seul moyen comme tout le monde le rappelle et malheureusement politique, et donc il va falloir tout mettre en oeuvres pour qu’ils comprennent tout les enjeux de ce paquet télécom.

    Les Vivendi, Orange (dans une moindre mesure, car l’état est actionnaire) n’ont qu’une seul idée en tête, nous vendre du pâtée et nous refaire le coup de la grande distribution.

    En somme, ils essayent de se faire passer pour ceux qu’ils ne sont pas; Gendarmes du Net. Ses opérateurs ne sont que tuyaux et devront rester tuyaux impérativement. La course au profit que se livrent les opérateurs est sans pitié.

    Agissons contre eux, il est encore temps & possible.

  4. Thierry Lhote

    Sur l’histoire de Skype en France, je ne dis pas que c’est normal, mais c’est compréhensible, de toute façon, on va arriver à un téléphone mobile qui va couter presque rien. On a déjà baissé les tarifs du SMS et à un moment, dans un futur proche, ces opérateurs téléphoniques ne vont plus posséder de revenus suffisants de leur ancien business, la téléphonie, pour justifier soit les investissements en cours, soit, dans le cas de France Telecom, la surcharge au niveau du personnel. Donc, au lieu de procéder par négociation et palier, on peut faire appliquer de suite le principe de neutralité, mais faudra assumer la casse sociale sur des dizaines de milliers de familles françaises.

    Sur le chapître innovation, ce qui la permet ce n’est pas le principe de neutralité, c’est le end to end principle. Certes les opérateurs ont la possibilité d’y porter atteinte.
    Mes deux centimes : je ne vois pas en quoi les opérateurs iraient toucher à l’innovation, Microsoft a eu les moyens avec son navigateur à une époque de fausser la concurrence entre ls sites, Google a aussi les moyens avec son momteur de recherche de fausser la concurrence, ils en n’ont rien fait. Donc ce peut être un argument lubie.
    On peut même prendre des exemples dans d’autres industries, avec la liberté des prix dans les années 80, les compagnies pétrolières avaient 100 fois les moyens de casser les reins aux grandes surfaces qui vendaient le carburant sans bénéfice. Il n’ont rien fait non plus. Les dommages pour l’image de marque font souvent reculer.
    Dans une optique politique libérale, je ne vois pas pourquoi il faut statuer a priori sur des comportements qui seraient clairement contre-productifs pour ceux qui s’y adonneraient. C’est une forme de dirigisme.

    Maintenant, il faut voir un conflit entre les droits qui n’est pas adressé par les défenseurs du principe de neutralité, et souvent pour cause. La plus grande menace pour la liberté à l’heure actuelle sur les réseaux est la liberté d’entreprendre et de tenir boutique sur le Web si on est une petite et moyenne entreprise. 1 ordinateur sur 5 en ligne est zombifié, les réseaux de botnet sont bien implantés, et une criminalité basé sur le racket avec des menaces d’interdiction de services par dDoS attack fait les beaux jours d’organisations mafieuses et des pirates.
    Maintenant, on sait pourquoi ces derniers militent pour que l’innovation ne vienne pas de l’intérieur du réseau, la poursuite de leur business illicite « unchecked » est à ce prix.

  5. Fabrice Epelboin

    Thierry, le end to end fait parti des principes de la net neutrality, j’ai bien compris ton axe d’attaque contre la Net Neutrality comme parade aux virus et autres saloperies du net, outre le fait que cela ne résoudrait rien du tout, ça ne tient pas la route un instant.

    Renseigne toi, le Deep packet est invraisemblable en France, trop de data à analyser, pas assez de puissance machine a dispo, et quadn bien même, cela ne permettrait pas de faire cesser les attaque de botnet.

    Si tu insiste, on peut faire intervenir des gens qui savent de quoi ils parlent en la matière, crois moi, tu va être surpris. Même les circuits de distribution d’images pédophiles sont à l’abri de gens qui comme toi prônent la fin de la net neutrality, cela n’a qu’un seul intérêt, censurer la liberté d’expression, surveiller les population et assurer la continuité des dominations commerciales du XXe siècle.

  6. Thierry Lhote

    Oui, cela me ferait plaisir que des gens viennent faire des articles là-dessus.
    Pas sur la pédophilie, mais vraiment sur les activités illégales qui touchent directement reliées au business,et évaluées pour l’instant à minima à un « chiffres d’affaires » de 100 milliards de dollars d’après un article en 2008 du NYT.

    Mais tu réponds pas, sur l’exemple de Skype et le choix entre tolérer une entorse à la net neutrality le temps de reconvertir son industrie avec la casse sociale immédiate que couterait le respect immédiat ce principe.
    Et deuxièmement, de qui il faut se protéger ? des Etats ou des entreprises classiques ou du business globalisé et illégal qui prospère sur l’affaiblissement de la souveraineté des Etats.

  7. Thierry Lhote

    Sur la connexion entre le « end to end » principle et la « network neutrality » je n’ai pas lu la même chose sur Wikipedia (en). Le premier principe est un principe d’architecture objectif de réseau, le second apparaît comme un principe politique « a priori ».

  8. Yoha

    Quelque chose d’autre est à noter: l’innovation pourrait permettre aux utilisateur d’obtenir un pouvoir de plus en plus important. Il est déjà possible, pour quelqu’un qui se débrouille, de créer sa propre antenne téléphonique (conférence Black Hat je crois). Alors pourquoi le système d’accès ne pourrait-il pas continuer à se développer ?

    Il n’est pas impossible que, dans un futur à long terme, les utilisateurs se mettent à câbler davantage autour d’eux, avec leurs voisins, et ainsi de suite. Internet n’a pas été conceptualisé pour être organisé autour de système aussi centralisés que les FAI. D’ailleurs, les systèmes de réseaux Wifi ouverts proposent déjà des solutions qui peuvent faire penser à ce type de solution.

  9. Nashb.

    @ Thierry Lhote

    Skype se justifie surtout pour appeler un fixe. Pour les mobiles, ce n’est généralement pas très compétitifs

    « On a déjà baissé les tarifs du SMS »
    Un sms est virtuellement gratuit.
    Payé 10 à 15c pour quelques octets, c’est du délire aigu.

    « ces opé­ra­teurs télé­pho­niques ne vont plus pos­sé­der de reve­nus suf­fi­sants de leur ancien busi­ness, la télé­pho­nie »
    Y’a pas mal de marge; à 15€ pour 1h de communication avec contrat associé.
    Et casi aucune évolution tarifaire en 5 ans.
    La France est un des pays les plus cher d’Europe pour la téléphonie mobile.
    Les revenus des opérateurs sont COLLOSAUX

    « fau­dra assu­mer la casse sociale sur des dizaines de mil­liers de familles françaises. »
    C’est tellement mensonger, délirant et manipulateur que je ne sais pas quoi répondre …
    C’est l’argumentaire typique des patrons du cartel des opérateurs.

    «Celui qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »
    Benjamin Franklin

  10. deadalnix

    En ce qui concerne le problème des PC zombifié (car c’est un problème très sérieux !), je ne crois pas une seconde en la DPI.

    Au contraire, la DPI avec la puissance de calcul qu’elle demande offrirait un nouvel angle d’attaque pour faire tomber des réseaux (via saturation de la puissance de calcul, ce qu’il est facile de faire avec des botnets).

    C’est un problème applicatif. Pour luter contre les zombies, il convient de sécuriser les système d’exploitation et les programmes tournant dessus, mais surtout sensibiliser les utilisateurs.

  11. Desirade

    De belles guérillas en perspectives. Un peu d’imagination comme les Chinois là => http://u.nu/82273 On devrait y arriver. Merci encore Fabrice. Beau combat.

  12. Fabrice Epelboin

    @deadalnix

    Si tu peux développer afin de mettre au pilori cet argument de façon définitive, ça m’arrangerai, Thierry le ressort à la moindre occasion, et comme on est aux avant gardes de l’info, cela veut dire qu’il va finir par ressortir ailleurs…

  13. Dominique Rabeuf

    Les PC zombies, ce n’est pas une légende.
    J’en ai un à coté de moi.
    L’origine de l’intrusion vient sans doute d’un téléchargement insouciant.
    Cette machine a été arrêtée et est restée dans un coin pendant cinq mois.
    Surprise au redémarrage.
    Plusieurs heures à pleine vitesse et près de 500 000 000 paquets sur le réseau !
    Celle-ci servait de relais à des connexions et messageries souterraines
    Un nom de domaine, appelons le ddd.com était dotée d’une messagerie qui a été usurpée suite à des maladresses de mon ancien hébergeur (je ne le cite pas).
    Des messages de xxx@ddd.com transitaient furtivement.
    Le problème est qu’il y avait un certain retard de courrier (5 mois).
    Ceci m’a permis de tomber sur un petit nid de pirates dans une université, pas vraiment méchants pour la plupart, mais certains ont l’âme de petits escrocs.
    Vous ne verrez pas la plupart du temps votre PC travailler pour d’autres.
    La détection n’est pas facile, surtout avec des machines puissantes.

    L’usurpation est courante. Sur un serveur je vais de temps en temps consulter les journaux d’anomalies, les tentatives d’intrusion sont courantes, les Ips des attaquants sont bidons ou viennent de machines squattées.
    Le pire que j’ai vu est l’usurpation de domaine correspondant à une boîte de logiciel de réseaux. Ceux qui se seront mépris et auront téléchargé une mise à jour doivent dans de drôles de draps. Le problème est que sur le zombie commet une attaque digne d’un enquête d’interpol, l’heureux propriétaire passera un maucais quart d’heure (ou plus longtemps)

  14. Dominique Rabeuf

    La seule méthode de protection totale consiste à n’ouvrir les services Internet qui besoin est. D’utiliser systématiquement le mode https, mais la plupart des domaines ne le supportent pas. Lors de la première connexion à un domaine vérifier s’il n’y pas pas usurpation, noter l’adresse et vérifier à toute nouvelle connexion que l’adresse est la même en mode http. Ce qui est très fastidieux. La plupart des sites sont des passoires. Il n’y a pas de solution c’est une erreur de conception dans l’adressage DNS (Google DNS bug), il faudra atteindre IPv6 pour plus de sécurité. Ce n’est pas grave de visiter un site usurpé sauf si vous télécharger ou si le code contient des scripts malicieux. Eviter les mises à jour automatiques.
    Il n’y a pas de comportement hyper-sécurisé sauf à ne quasiment rien faire.

  15. Dominique Rabeuf

    Les obligation légales de traçabilité coûtent cher aux fournisseurs d’accès. Internet n’a pas été conçu pour que les données soient espionnées. L’utilisateur averti s’installera un VPN (réseau virtuel privé) et passera par le réseau TOR, s’il ne veut être ni localisé ni qu’on puisse lire ses données.
    Pour l’hébergement c’est différent.
    Les sites, blogs sont souvent mutualisés, on partage alors une adresse IP avec d’autres que l’on ne connait pas. On peut se trouver confondu avec un voisin malhonnête, ou dérangé par le tapage qu’il génère.
    Les hébergeurs sont plus ou moins compétents – j’ai sais quelque chose.
    La location d’un serveur dédié ne co^te pas cher (à partir de 35 Euros par mois) c’est suffisant pour abriter plusieurs sites. On choisit alors ses amis. Mais il faut administrer l’ensemble, ce qui demande des compétences réseaux et systéme. Il faut compter 100 à 200 Euros de temps en temps. Bon mettons 300 Euros par mois service et configuration compris, à une dizaine d’amis cela fait 30 € chacun pour une machine avec 1000 Giga. Si vous avez besoin de plus c’est que votre site rapporte de l’argent vous pouvez passer à la vitesse supérieure.
    Pour 70 Euros je loue une machine 2 CPU 3Ghz 2 Go Mémoire Windows 2008 5, IP fixes
    Windows 2008 est très beta (ftp très très bancal)
    Ma connexion depuis mon PC en en SSH (service non espionnable)
    Quand je veut être tranquille mon navigateur s’exécute sur le serveur.
    Ce navigateur passe par des réseaux bien plus rapides que de Pamplemousee, ElleSaitFaire, FreeMaPoule
    A bon entendeur.
    Un réseau de serveurs c’est bien pour des gens des réseaux sociaux humains

  16. Dominique Rabeuf

    DPI c’est ce que l’administration iranienne a utilisé en vain dès que les gens ont suivi les consignes (cf iranrevolution/whywheprotest)
    J’ai préconisé très tôt le VPN (les habitués d’Unix connaissent moins)
    La société XeroBank a fourni gratuitement des licences https://twitter.com/xerobank
    Les chinois ont fait la même chose
    Le résultat est le blocage par étouffement car cela ralenti les communications
    Lors des événements au Honduras, un chercheur du MIT a coordonné les fournitures d’urgences de patch de sécurisation et une meilleure documentation en espagnol (je n’ai pas bien suivi, je comprends peu l’espagnol)
    Le problème de la documentation est majeur, celle_ci est destinée à des non spécialistes, une erreur de compréhension peu être fatale pour des gens en situation de guerre civile.
    Des légendes ont courus à propos d’opérateurs et fournisseurs qui auraient fourni des fonctions spéciales pour décoder les messages.
    Les opérateurs et fournisseurs télécoms savent qu’un régime politique n’est pas éternel, il faut parfois user de diplomatie dans les affaires.
    Mais privilégier un client (un état) c’est se priver d’une clientèle de millions de personnes. Ce n’est pas forcément de l’altruisme c’est tout simplement du réalisme.

  17. OlivierSeres

    Je trouve que cet article est simpliste dans le sens où il réduit le débat de la NetNeutrality à la menace de main mise des FAI sur les contenus et brandit les sempiternels arguments de l’innovation, la libre-concurrence, les droits fondamentaux etc… L’enjeu est avant tout économique : qui doit payer pour l’agrandissement du tuyau entre les contenus et l’abonné final : le FAI ou le fournisseur de contenu (par exemple Google)?
    Google déploiera tous les arguments possibles pour expliquer que rien ne doit empêcher la diffusion de leurs contenus (sous entendu, le transport est gratuit) et les FAI américains de réponde qu’il n’y a aucune raison de financer gratuitement (la facture client à $30 n’est pas extensible) l’agrandissement des tuyaux qui permettent à Google de diffuser des contenus notamment vidéos et de se rémunérer indirectement via la pub.

    Je reprendrai la comparaison avec le système postal initiée par l’auteur, à la Poste, le transport n’est pas gratuit : plus le colis est lourd, plus cher est le timbre pour l’expéditeur. Il me paraît donc normal que les fournisseurs de contenus participent aussi à l’effort d’agrandissement des tuyaux. Reste à en fixer les modalités. Faudrait se replonger dans les dernieres conclusions du Sénat US qui, à ma connaissance ne s’est pas prononcé clairement.
    Lire en tous cas l’excellent article de wikipedia (en anglais): http://en.wikipedia.org/wiki/Network_neutrality

  18. Fabrice Epelboin

    Que dire olivier… Les comparaisons entre le virtuel et le réel sont en général les méthodes utilisées par des abrutis démagogues comme Nadine Morano pour démontrer tout et n’importe quoi. Comparer le transport de Ko avec le poids des colis à la Poste, je ne l’avais pas encore vu, mais c’est un sommet. Ca frise le ridicule absolu.

    Je vais te faire le crédit d’être un nouveau venu sur la scène de la tech politique et d’être naïvement et sincèrement convaincu du bien fondé des imbécilités que tu raconte, si ce n’est pas le cas, c’est que tu est dans le camps adverse et que tu use de démagogie, tu peux dès lors me considérer comme un ennemi.

  19. Dominique Rabeuf

    A propos de OlivierSeres
    Tiens encore un article faisandé sur Wikipédia. Je suis en train de suivre plusieurs pieds nickelés sur Wikipédia, certains font de l’auto promotion par insertion de références insignifiantes, d’autres sont des plaisantins, d’autres véhiculent des légendes urbaines teintées d’idéologies. J’ai même trouvé une page très drôle concernant un lieu bien réel, celui qui l’a créée l’a fait pour me taquiner. Je n’ai encore rien édité ex-nihilo sur Wikipédia, j’ai souvent émis des remarques, signalé des erreurs.
    A propos de téléphonie
    On peut passer outre les limitations imposées par les FAI, un service VoIP ne coûte plus cher.
    A propos du réseau physique
    C’est une obligation pour l’Etat de fournir directement ou indirectement le médium de circulation comme pour le transport des personnes physique et des produits.
    Le péage systématisé c’était au Moyen-Age. Le fournisseur de transport aérien par exemple n’a pas le monopole des hôtels, lieux touristiques, salles de congrès.
    Le temps du Minitel est révolu.
    Le retard français en la matière est du à la résistance de la mouvance France Télécoms.

  20. Olivier Auber

    @ Fabrice Epelboin : AMHA, tu devrais relire ce dit Olivier Serres ; ses arguments sont irritants mais recevables. L’animal connaît les modes de raisonnement des FAI (il y bossé à un assez haut niveau je crois) et c’est non sans courage qu’il vient les livrer ici. Il ne mérite pas la volée de bois vert que tu lui envoies à la figure.

    Bon Ok, tout le monde te pardonnera car on imagine bien que ce débat te touche à fleur de peau ;-)

    Plus généralement ; il me semble que cette question Net Neutrality pose la question fondamentale de la « valeur », d’usage ou bien d’échange, bref de cette chose étrange qu’est l’argent. Le monde que nous avons construit avec le Net, où tout est à portée de clic, tend à le faire disparaître. Or la planête ne saurait tourner sans étalon. Alors, il s’invente sous nos yeux une nouvelle forme de valeur: la « valeur d’otage » (terme du à Baudrillard). Chacun entreprend de construire des frontières là où intrinsèquement il n’y en a pas, pour rançonner ceux qui voudraient les franchir.

    Aussi devrions-nous nous poser calmement la question: comment aller au delà de ce réflexe qui nous transforme tous en bandits de grands chemins?

    Bon, j’ai quelques pistes, mais il est difficile de les exprimer dans une petite case de commentaire.

  21. Fabrice Epelboin

    tu n’as pas tord, je me suis quelque peu emporté…

  22. Vive le net

    Comment voulez-vous que la société progresse, si on se soucis toujours du: je vais pas construire une route rapide, parce que machin pourra l’utiliser gratuitement et gagner de l’argent. Non mais n’importe quoi.
    Dans un pays comme le Japon, ils ont bien compris que les dernières technologies sont faites pour être utilisées, et non bridées parce que personne ne veux les financer.
    On en est à peine à la fibre optique de 100Mega que eux installent celle à 1Go. Il y a un sérieux problème là.
    Sans compter les opérateurs qui se gavent d’argent sur des choses qui pourraient être gratuites où très peu chères. Cela fait longtemps que des offres d’abonnements illimités inconditionnels devraient être disponibles pour tous à des tarifs abordables.
    Mais non, si on peut arnaquer les gens, faisons-le ! Si on peut ne pas payer les nouvelles technologies, ne le faisons-pas !
    Ca me dégoute ce genre de pensée stupide.

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    [...] This post was mentioned on Twitter by Stephane Langonnet, damien douani, JM Planche, jmgilliot and others. Stephane Langonnet said: Il est crucial de préserver la neutralité du Net ! http://is.gd/348U5 #fb [...]

  3. Il est crucial de préserver la neutralité du Net ! | Stan et Dam, le blog :

    [...] Lire l’article original ici: Il est crucial de préserver la neutralité du Net ! [...]

  4. idoric's status on Wednesday, 09-Sep-09 16:24:14 UTC - Identi.ca :

    [...] http://rww.zergy.net/2009/09/09/analyse/est-crucial-de-prserver-neutralit-du-net/ a few seconds ago from IdentiFox [...]

  5. Mickael Brangeon (botchchikii) 's status on Wednesday, 09-Sep-09 17:14:12 UTC - Identi.ca :

    [...] http://rww.zergy.net/2009/09/09/analyse/est-crucial-de-prserver-neutralit-du-net/ a few seconds ago from IdentiFox [...]

  6. Yoha (yoha) 's status on Wednesday, 09-Sep-09 17:52:15 UTC - Identi.ca :

    [...] http://rww.zergy.net/2009/09/09/analyse/est-crucial-de-prserver-neutralit-du-net/ a few seconds ago from web [...]

  7. Yoha (yoha) 's status on Wednesday, 09-Sep-09 17:53:31 UTC - Identi.ca :

    [...] s'est inscrit ici après avoir vu les trackbacks de: http://rww.zergy.net/2009/09/09/analyse/est-crucial-de-prserver-neutralit-du-net/ [...]

  8. Veille technologique du 2 septembre au 10 septembre « RTBF Labs :

    [...] Il est crucial de préserver la neutralité du Net ! | ReadWriteWeb France (vi… – Jusqu'à présent, lorsque les réseaux des opérateurs étaient saturés, ils investissaient dans plus de bande passante et augmentaient la puissance de l'infrastructure globale que nous appelons Internet. Avec ces nouvelles possibilités de pratiques anti-concurrentielles lucratives, les opérateurs pourraient se tourner vers un nouveau business model : investir dans le contrôle de ce qui circule sur leurs réseaux, plutôt que d'investir dans de meilleurs réseaux. Ce modèle créerait des conditions d'autojustification de ces politiques : « Internet est devenu trop lent, nous sommes par conséquent obligés de contrôler et d'attribuer des priorités sur le contenu, les services et applications dont les propriétaires sont prêt à payer plus d'argent. » De tels arguments, accompagnés du mirage de la « fin d'Internet », ont été avancés devant le Parlement européen pour justifier l'abandon de la neutralité du Net, mais ne tiennent pas devant les réalités techniques. [...]

  9. Les bons liens de la veille ( 1 septembre au 11 septembre ) :

    [...] Il est crucial de préserver la neutralité du Net ! | ReadWriteWeb France (vi… – Jusqu'à présent, lorsque les réseaux des opérateurs étaient saturés, ils investissaient dans plus de bande passante et augmentaient la puissance de l'infrastructure globale que nous appelons Internet. Avec ces nouvelles possibilités de pratiques anti-concurrentielles lucratives, les opérateurs pourraient se tourner vers un nouveau business model : investir dans le contrôle de ce qui circule sur leurs réseaux, plutôt que d'investir dans de meilleurs réseaux. Ce modèle créerait des conditions d'autojustification de ces politiques : « Internet est devenu trop lent, nous sommes par conséquent obligés de contrôler et d'attribuer des priorités sur le contenu, les services et applications dont les propriétaires sont prêt à payer plus d'argent. » De tels arguments, accompagnés du mirage de la « fin d'Internet », ont été avancés devant le Parlement européen pour justifier l'abandon de la neutralité du Net, mais ne tiennent pas devant les réalités techniques. [...]

  10. Instant T, focus n°16 | Maxime-Viry.com :

    [...] Il est crucial de préserver la neutralité du Net ! En complément : Benjamin Bayart s’exprime sur la neutralité du Net, [...]

  11. Olivier Auber (olivierauber) 's status on Saturday, 19-Sep-09 14:44:16 UTC - Identi.ca :

    [...] http://rww.zergy.net/2009/09/09/analyse/est-crucial-de-prserver-neutralit-du-net/ a few seconds ago from Twhirl [...]

  12. ReadWriteWeb France un « must read » | Le Blog Kinoa :

    [...] Il est crucial de préserver la neutralité du Net ! [...]

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