Wikileaks dynamite la Loppsi

“An Insight into Child Porn” est le témoignage – forcément anonyme – d’un informaticien ayant travaillé, durant une large partie de sa vie, au service de réseaux pédophiles.

Publié sur Wikileaks, ce document a été traduit en 2009 dans son intégralité afin de servir de base de travail pour l’étude publié au sein d’un ouvrage collectif il y a un an.

Aujourd’hui, nous en publions pour la première fois la traduction française intégrale, accompagnée, afin de permettre de la mettre en perspective, de l’étude sortie fin 2009 sur le commerce de la pédopornographie.

Ce témoignage a été validé auprès de spécialistes, chaque point a fait l’objet de multiples vérifications. Il a par ailleurs été largement discuté au sein de communautés comme celle de la sécurité informatique et de la lutte contre la pédopornographie en ligne. Tout laisse à croire que les éléments qu’il comporte sont véridiques. Vous trouverez, sous forme de notes de bas de page parsemant le texte original tout comme l’étude qui l’accompagne, une multitude de liens amenant vers divers documents permettant de vérifier telle ou telle affirmation ou d’approfondir un point particulier.

La seule objection faite lors de la première publication de cette étude a consisté à y opposer des estimations de chiffre d’affaire faramineux supposément réalisés par les pédopornographes, se comptant en milliards de dollars. Ces chiffres, qui ont été sourcés, se sont avérés de pures inventions, lancés par des marchands de sécurité et repris par divers politiques et média peu soucieux de vérifier leurs sources, ou trop content de trouver des données venues appuyer leurs discours.

L’histoire des réseaux de distribution de la pédopornographie est pourtant riche d’enseignements, qu’il est urgent de porter à la connaissance du public. C’est ce que nous avons tenté de faire à la fin 2009 avec quelques amis, en publiant aux éditions In Libro Veritas un ouvrage destiné à dénoncer les dangers de la loi Loppsi, dans laquelle cette étude apparaissait pour la première fois.

La traduction française du texte original, en allemand, n’avait à l’époque pas été publiée. Particulièrement choquant, le texte avait exclusivement été distribué aux seuls spécialistes qui en avait expressément fait la demande, ainsi qu’à quelques parlementaires qui avaient jugé utile d’en prendre connaissance avant le premier passage de la Loppsi au parlement, début 2010.

Au delà du dégoût ressenti à la lecture de nombreux passages, les spécialistes des réseaux et du web-marketing ne pourront s’empêcher d’être fascinés par l’ingéniosité d’un business qui a parfaitement su s’adapter aux contraintes et aux opportunités apportées par l’internet, et qui a bien sûr anticipé les évolutions prévisibles de son environnement, à commencer par le filtrage des contenus et la surveillance généralisée de la population.

Mais depuis la première édition de l’étude qui a été réalisée sur la base de ce texte, fin 2009, et en à peine une année, le monde de l’information a vécu une disruption majeure du fait de ce même Wikileaks dont est issu le texte qui constitue la seconde partie de ce document exclusif.

Wikileaks ouvre la voie à un droit d’accès à l’information

En publiant de façon massive des quantités impressionnantes de notes militaires confidentielles puis, dernièrement, diplomatiques, Wikileaks a fait apparaître aux yeux de tous la possibilité d’un nouveau «droit numérique», peut être appelé un jour à siéger aux cotés d’autres libertés aujourd’hui considérées comme fondamentales, celui du droit d’accéder à l’information.

Wikileaks a aussi cassé le rythme habituel de l’information, habitué à voir de telles révélations s’égrener avec le temps. Une mécanique brisée par la publication brutale d’une quantité faramineuse de documents, où se mêlent révélations fracassantes sur des affaires de corruption entre chef d’Etats et propos qui auraient leur place dans les colonnes de journaux people.

Wikileaks a changé la donne du jeu de l’information, bouleversant l’ecosystème du pouvoir et celui de ses intermédiaires avec le peuple, à commencer par les journalistes. Pour ces derniers, c’est une ère passionnante de renouvellement qui s’annonce. Pour les premiers, c’est un météorite qui vient de s’abattre au beau milieu de leurs terres, et pour certains, une épée de Damoclès dont le fil vient de rompre.

Wikileaks a rendu obsolète la volonté initiale, il y a un an, de ne pas publier le texte original d’ «An Insight into Child Porn».

Wikileaks joui aujourd’hui d’une renommé internationale, là où il n’était connu que par les initiés il y a quelques années, quand ce texte y est apparu. Il est désormais pris au sérieux par tout le monde.

Sa renommé de fraîche date donne au texte «An Insight into Child Porn» une force nouvelle, apte à alerter de façon solennelle les parlementaires qui s’apprêtent, pour la dernière fois, à valider l’article 4 de la loi Loppsi. Cet article à lui seul orientera de façon radicale notre société vers un monde qui promet de faire de la démocratie, telle que nous l’envisageons aujourd’hui, un vague souvenir.

Le monde selon Wikileaks

L’alternative proposée par Julian Assange n’est pas pour autant la promesse de lendemains qui chantent, mais le choix de l’instauration d’une censure d’Etat et de la mise en place d’une société de la surveillance est probablement l’un des plus importants que nos démocraties aient à faire en ce début de siècle.

Pourtant, le débat de société, tout comme le débat parlementaire qui devraient lui être associé ont été escamotés, profitant de l’illettrisme en matière de numérique qui frappe l’essentiel des élites dirigeantes françaises.

Plutôt que de voter en catimini, maladroitement caché dans un pavé parlementaire, un article donnant à une autorité administrative pouvoir de vie ou de mort (aux yeux des seuls illettrés numériques) sur une information sans l’intervention d’une autorité judiciaire, il est plus que jamais nécessaire de prendre le temps d’un véritable débat de société, ou même mieux, d’un réel projet de société, à l’heure où elle entre à reculons dans la civilisation du numérique.

L’article 4 de la loi Loppsi donnera, au nom du peuple français, une orientation radicale à notre société au sein de cette future civilisation du numérique. Une orientation dont peu de Français sont conscients, et tout aussi peu de parlementaires.

Les Français pourront demain plaider l’ignorance, tout comme leur parents peuvent le faire en guise d’excuse face aux désastres écologiques initiés tout au long du XXe siècle. Les politiques, eux, n’en auront pas la possibilité.

Distribué de façon massive à l’Assemblée Nationale à la veille du premier passage de la loi Loppsi, et republié aujourd’hui accompagné, pour la première fois, de la traduction intégrale de «An Insight into Child Porn», cette étude détaillée du commerce de la pédopornographie montre de façon claire pourquoi le projet de filtrage de l’internet, contenu dans la loi Loppsi, ne fera strictement rien pour prévenir le trafic de matériel pédopornographique sur internet. Il ne portera pas non plus atteinte aux intérêts de ceux qui en profitent financièrement, bien au contraire.

Cet éclairage sur le mensonge que constitue l’argument de la lutte contre la pédopornographie, venue justifier la mise en place d’une censure d’Etat, vient ajouter une goutte d’eau à la rivière de mensonges mis à nus récemment par Wikileaks, et à l’océan qui s’annonce.

Aucune association de protection de l’enfance, contactées à l’occasion de la sortie initiale de cette étude, n’a jugé bon de dénoncer publiquement les dispositions de l’article 4 de la loi Loppsi. Il faut dire que depuis un an, les légions d’honneur, qui n’ont jamais aussi mal porté leur nom, ont été distribués généreusement dans le milieu associatif en charge de la maltraitance enfantine. Seul l’Ange Bleu, une association de prévention de la pédophilie, avec laquelle j’avais également eu l’occasion d’avoir de multiples échanges suite à la publication de l’étude fin 2009, s’est exprimé publiquement pour rejeter la loi.

Pour ces protecteurs de l’enfance, comme pour les parlementaires sur le point de voter la loi Loppsi, il n’existe dans le ‘monde d’après’ prophétisé et mis en place de façon irréversible par Julian Assange, aucune excuse. Un seul mot s’impose, qui n’a pas encore de traduction Française, mais qui fera sans nul doute parti du monde d’après : accountability.

Téléchargez le document (pdf)


Recommandez cet article à vos amis

et rejoignez nous sur Facebook et Twitter...



27 commentaires pour cet article

  1. Thibault

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour cette analyse du texte et de la situation au regard des lois françaises en cours ou à venir.

    Il est à présent urgent de montrer ce document clair et qui éclaircie bien les points techniques à nos députés respectifs afin de leur faire comprendre l’étendu du problème.

    Ce qui m’inquiète avec nos élus, c’est que certains vont trouver que pour diminuer le spam parmi les PC zombies, filtrer le port 25 via les box, comme le fait Orange, est une bonne idée…

    Mais comme vous l’expliquez, ceci décrit les méthodes de 2004 qui ont probablement beaucoup évoluées depuis.

    Merci encore pour cet article et ce document.

    Bonne journée.

  2. Guil

    Tout ceci est très intéressant, du joli travail, mais il faudrait peut-être, pour compléter cette analyse, enquêter sur ce qui se fait également en matière de partage (gratuité). En effet toutes ces nouvelles technologies utilisant réseaux parallèles, etc… n’ont pas besoin de beaucoup de sous pour être mis en place, or justement l’échange d’argent reste le talon d’Achille du système entier. Certains systèmes gratuits existent déjà avec ce genre de modèle (tor, freenet, etc…), déjà tout particulièrement résistants à la censure ou l’investigation et, si l’on en croit certaines complaintes de ses utilisateurs, déjà bien achalandés en contenu pédoporno…

    Bref en quelle mesure l’échange représenterait un danger pour cette industrie illégale comme elle en constitue un pour le marché légal de la musique ou du cinéma? Les producteurs, évincés par les nouveaux système de distribution, ne vont ils pas du coup se retrouver sur les réseaux gratuits, échappant ainsi à une dépendance forte envers des distributeurs peu scrupuleux? A supposer qu’ils trouvent un intérêt autre que monétaire à la production, mais en matière de perversité sexuelle je pense que c’est le cas: les pervers aiment à montrer ce qu’ils font, pour briller au sein d’une communauté voire y gagner un certain ascendant.

    A l’autre extrémité les clients, apeurés par le danger de la transaction commercial, ne vont ils pas s’y retrouver également, prenant conscience qu’il serait bien stupide de payer et prendre des risques pour du contenu qu’ils peuvent avoir ailleurs gratuitement et presque sans danger?

    Ainsi, les distributeurs ne risquent-ils pas à terme de se retrouver tous seuls sur leurs systèmes sophistiqués? Plus de producteurs d’un coté, et surtout plus de clients de l’autre => plus de marché. Si c’est ce qui va arriver – et je le crois, pourquoi serait-ce différent de la musique et du cinéma? – alors votre conclusion et vos craintes pour l’avenir sont infondées: ces gens là vont pas s’enrichir très longtemps.

  3. Wilnock

    Merci pour cette ouvrage et cette piqure de rappel a propos des debats a l’assemble qui reprennent sur la loi LOPPSI 2. J’en ai profite pour Mailer mon depute avec les liens que vous proposez, j’espere qu’il y jettera un oeil, ou au moins demandera conseils aux differents contacts que j’ai indique.

    Concernant l’ouvrage, est-ce accessible facilement, car je ne suis pas un expert en securite informatique, ni meme en reseau (je le mets dans ma Read-it-Later List en tout cas.)

    Vous parlez de libertee d’expression (ok c’est acquis… quoique?), mais vous mentionnez egalement un nouveau droit: « le droit a l’acces a l’information publique », ce droit n’est pas present dans la constitution, a le lire entre les lignes d’un article par exemple?

  4. le journal des tueursnet

    We kill X

    Wikileaks est devenu votre seconde planète.
    Vous y construisez des palais, vous vous enrichissez sans délai et vous communiquez entre vous sans difficulté.
    Tout y est accessible, mais sous le mode virtuel : le pouvoir, le sexe ou l’argent… tout y est virtuel.
    Vos amours n’ont plus rien de réel.
    Vos liens sont imaginaires.
    Et vous-mêmes, qu’êtes-vous devenus ?
    Des numéros ? Des pseudos ! Des antihéros.
    Ne faites pas cette tête, Wikileaks est un jeu. Rien qu’un jeu !
    Mais ne le jouez pas… si vous n’êtes pas capables de jouer avec le feu.

    http://xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

  5. Fabrice Epelboin

    @Guil

    Heu… l’infrastructure décrite dans l’étude est tout de même très loin d’être gratuite, c’est du lourd qui necessite une sacré organisation, des collaborations étroites entre différentes compétences, une solide infrastructure technique… Ce n’est pas à la portée de 3 gus dans un garage, à moins d’avoir à faire à des petits génies lourdement financés, d’où mon analogie avec les startups dans l’étude.

    Si vous faites allusion à l’échange entre amateurs de contenus pédopornographiques, c’est clair que ce sont eux qui vont rapidement disparaître, mais il faut être honnête, ce sont également eux qui sont traqués depuis longtemps, et ils représentent 99% de ceux qui se font arrêter. Le filtrage va mettre fin aux activités de ces amateurs et laisser le champ libre aux professionnels décrits dans l’étude. Pour ces derniers, c’est une aubaine.

    Pour ce qui est des circuits financiers, c’est également décrit en long et en large dans l’étude, ils n’ont, là aussi, rien à craindre, tout du moins tant que les paradis fiscaux restent en place. Autant dire que porter atteinte à leurs intérêts financier n’est pas gagné, vu qu’à un endroit ou à un autre, ils se confondent avec les intérêts de ceux qui sont censés les combattre.

    @Winlock

    J’ai fait de mon mieux pour accompagner les passages les plus techniques d’explications simples et détaillées, et j’ai à plusieurs reprises fait des réunions avec des parlementaires pour éclaircir les points qui leur posaient question :-)

    Le droit d’accès à l’information n’est pas présent dans la constitution, loin de là, la Loppsi combat même ce droit pour ce qui est de l’open data, par exemple. C’est loin, très loin d’être un acquis. Sur ce point, nous en sommes à l’équivalent du siècle des lumière pour la liberté d’expression.

    @tueurnet

    Merci de cesser votre spam à tout va, ça commence à bien faire.

  6. Wilnock

    Ok, merci de la reponse.
    Je vais donc voir a continuer le travail que nous avons commencer sur le sujet ici: http://www.poligeek.fr/

  7. jay et bob

    Wah ! Ce texte est contre toute attente la plus claire explication des dérives du filtrage que j’ai jamais lu.

    La véracité de l’écrit est difficilement mise en doute car n’importe quel « geek » sait que les solutions techniques décrites sont réalistes car elles sont toutes déjà utilisées séparément à des fins plus nobles. Le VPN me permet d’accéder au contenu de mon université (publications, encyclopédies payantes…) lorsque je ne suis pas sur le campus. TrueCrypt aurait du être utilisé par les journalistes cambriolés durant de l’affaire Bettencourt pour protéger leurs données. La virtualisation permet aux maceux d’utiliser windows ou à essayer le dernier linux à la mode.

    Je vais de ce pas me documenter sur la prohibition (et les autres précédents historiques) pour pouvoir argumenter avec mes proches.

  8. granger

    Vachement intéressant, mais la traduction française est truffée de fautes… Dommage.

  9. Fabrice Epelboin

    Ben oui, c’est fait à l’arrache dans l’urgence :(

  10. Guil

    @Fabrice Epelboin

    Je pense contrairement à vous que ce sont les échanges amateurs, par le biais de ce genre de projet là (donc sans avoir besoin de gros sous!) qui vont supplanter à terme les réseaux « professionnels ».

    Tor et Freenet (i2p également mais ça semble moins développé) sont on ne peut mieux sécurisés, avec en outre la transparence de l’open-source: dès lors quel intérêt aurait un client à faire confiance à un distributeur cher, illégal et opaque? Alors qu’il peut faire des échanges ou trouver des diffuseurs sur plusieurs projet open-source gratuits et tout autant sécurisés. Même logique pour le producteur, qui peut diffuser sur ces systèmes, certes sans rémunération – mais comme je le disais, ce point importe peu à un pervers – mais en toute sécurité.

    Bref tôt ou tard producteurs et clients vont finir par se retrouver sur ces plates-formes gratuites où ils ont tout à gagner par rapport aux système mafieux et payants, court-circuitant les distributeurs. Ce qui va forcément tuer le marché naissant que vous décrivez. Ce n’est qu’une question de temps, lorsque ces projets deviendront accessible au grand nombre et pas uniquement aux spécialistes informatiques (ce qui est de plus en plus le cas, par exemple TOR est aujourd’hui très facile d’accès).

    C’est comme pour la musique ou le cinéma, pas de raison que ça soit différent: le « piratage » de la pédo-porno va finir par tuer ce marché.

    Par contre, je ne suis pas certain que ce sera mieux! Le système que vous décrivez a l’avantage d’écarter les producteurs: il peut tourner sur une énorme base de données de production déjà existant, ce que vous décrivez très bien. Certes des gens se font du fric sur de la pédo-porno, mais moins de producteurs veut dire moins de production et donc moins de nouveaux enfants impliqués… Alors que sur le système d’échange gratuit qui a mon avis va à terme supplanter le marché, le producteur redevient roi: plus personne ne se fait de fric dessus, mais la production reprend de plus belle.

  11. Guil

    Et je précise, si vous ne les connaissez pas, que TOR, Freenet ou I2P ne sont bien entendu pas touchés le moins du monde par les filtrages web à la LOPSI.

    Contrairement à ce que vous semblez penser, contourner les filtrages en toute sécurité ne nécessite pas, techniquement parlant, de grosses infrastructures ni de beaucoup d’argent. Trois projet open-source développé par quelques passionnés à travers le monde, peut-être d’autres projets à l’avenir, et on a tout ce qu’il faut pour une sécurité optimale des échanges sans être touché par le filtrage. Les gros systèmes chers et complexes réalisés par les « pros » de la pédo-porno sont donc, dors et déjà, obsolètes.

  12. Fabrice Epelboin

    @Guil

    Oh que si, pour ma mère qui ne sait pas programmer un magnétoscope, cela demande d’énorme compétences technique, et il faut être honnête, c’est totalement hors de portée d’un non geek. Maintenant, ça ne demande pas du tout d’être ingénieur informaticien, si c’est que vous entendez par là.

    Tor n’est pas si bien sécurisé que cela (si, si, je sais, ça fait mal, mais renseignez vous), et vraiment, je vous met au défit de mettre Madame Michu devant ce truc. Par ailleurs, votre raisonnement sur le nombre de producteurs, et les conséquences sur les enfants est malheuresement totalement faux, il n’y a aucune corrélation entre ces deux fait (mais bon, ça n’a rien a voir avec la techno). C’est important de le souligner parce que c’est une argument utilisé par les censeur.

  13. Guil

    Pourtant ça parait logique, je suppose que les producteurs ne « partagent » pas les enfants qu’ils utilisent dans leur « travail »… Vous voulez peut-être dire que ce n’est pas parcequ’il n’y a pas de production diffusée qu’il n’y a pas d’abuseurs, et là je suis d’accord avec vous: je suppose que beaucoup de « producteurs » gardent leur production pour eux même, ce qui ne change pas grand chose au sort de l’enfant.

    Par contre, concernant Mme Michu ou votre mère, je doute qu’elles soient des gros pédophiles « affamés » recherchant frénétiquement des images! ;-) On ne parle pas non plus de TOUTE la population (encore heureux!) mais de ceux qui, à la base, recherchent ce genre de chose. Confronté au choix entre un système payant, mafieux et obscure et un système transparent, tout aussi sûr et gratuit, je pense qu’ils ne pousseront pas longtemps la connerie au point de choisir le premier.

    TOR est TRES sûr si on l’utilise correctement, encore plus si on ne l’utilise que pour accéder à des sites internes (.onion). Si on en veut pas de problème il ne faut jamais configurer son noeud pour être une passerelle vers le web et ne jamais entrer un login/password personnel sur un site du web normal qu’on consulte par TOR. Ces deux règles ajoutées à une utilisation technique correcte (qui se résume à l’installation en deux cliques du TorButton sous firefox) en font un système à la sécurité optimale – bien que pas à 100% forcément, ça n’existe pas. Cependant je ne pense pas que TOR soit moins sûr qu’un système obscure reposant sur une confiance hasardeuse donnée à des criminels mafieux… Par ailleurs, Freenet, lui, est encore plus sûr aujourd’hui que TOR.

    Pour ce que j’en sais, je n’ai encore jamais lu d’article relatant le démantèlement d’un réseaux illégal ou l’arrestation d’une personne après identification à travers les réseaux TOR, Freenet ou I2P. Et pourtant, d’après les critiques qui fusent régulièrement, il semble que dors et déjà il se passe beaucoup de choses pas très très catholiques sur ces systèmes et je ne doute pas que les autorités aient déjà essayé…

  14. Fabrice Epelboin

    @Guil

    TOR est TRES sûr si on l’utilise correctement

    Oui, donc pas du tout sûr pour la plupart des utilisateurs actuels d’internet qui ne comprennent rien à l’informatique. Là, on parle de mettre à l’abrit des population entières, pas une élites de geeks qui eux sont quoi qu’il arrive à l’abri (sinin, si, il va falloir ce type de solution pour une large partie de la population, comme en Tunisie. Ma mère n’ira pas chercher des images pédophiles, ni même des mp3, mais êtes vous à ce point persuadé que le gouvernement cherche à bloquer l’accès à ces seules données ? ;-)

  15. Guil

    Mais non, on parlait justement d’une population bien précise de pervers cherchant à satisfaire leurs libido en cherchant des images ou vidéos bien particulières! On parlait de clients d’images pédoporno, de leurs producteurs et de leurs diffuseurs.

    Celà étant, les solutions comme TOR et freenet vont finir par se simplifier et systématiser. Se « démocratiser » comme on dit. Elles sont déjà à la portée de quelqu’un qui en a suffisamment besoin pour se payer le luxe et l’effort de quelques recherches minimale (le client du pédoporno par exemple, pas votre chère Maman) mais je ne doute pas que d’ici quelques années elles deviennent assez simples pour être utilisées par n’importe quel internaute sachant allumer son ordinateur et ouvrir un navigateur firefox (et je ne range pas *ma* chère Maman dans ce lot, malheureusement pour elle…).

    Bref, on verra ce que l’avenir nous réserve, mais je suis prêt à parier sur une extinction progressive du marché du pédoporn, tout sophistiqué soit-il, à la faveur des systèmes d’échange gratuits et sécurisés.

    Toutefois ça ne retire en rien l’inanité de la LOPSI qui ne saura lutter ni contre l’un, ni contre l’autre: sur le fond de l’affaire nous sommes donc d’accord, la volonté qui préside au filtrage n’a absolument pas pour objectif de lutter contre le pédoporn, contrairement à ce que nous vendent hypocritement ses promoteurs.

  16. Fabrice Epelboin

    @Guil

    Hum… non… On parle de tout autre chose, ce serait bien de lire le papier dont cet article parle, notamment ses conclusions. Cette belle techno servira demain à tout autre chose qu’à distribuer de la pédopornographie, et fera la fortune des distributeurs de pédopornographie.

  17. jay et bob

    « Celà étant, les solutions comme TOR et freenet vont finir par se simplifier et systématiser.»

    Je ne pense pas. Freenet est (très) lent et bouffe beaucoup de ressources. Son développement n’est pas super rapide non plus. Tor ralenti aussi le surf et manque de sureté. Bref, les méthodes décrites dans le pdf sont clairement plus puissantes et sont clés en main. D’ailleurs elles mériteraient d’être étudiées de prés par les défenseurs de la liberté de la presse :)

  18. jay et bob

    «Bref, on verra ce que l’avenir nous réserve, mais je suis prêt à parier sur une extinction progressive du marché du pédoporn, tout sophistiqué soit-il, à la faveur des systèmes d’échange gratuits et sécurisés. »

    En fait c’est le contraire. L’interdiction d’un pratique en favorise le commerce clandestin. Les échanges gratuits types P2P restent périphériques. Regarde le P2P, les internautes ont senti le vent tourner et préfèrent se payer un abonnement sur un site de DDL que de risquer de se faire choper, en plus de la discrétion ces services sont plus rapides. Rien d’étonnant, le pédoporno a déjà vécu cette mutation. Il a déjà innové. Je ne serai pas surpris — quand HADOPI ciblera le DDL — de voir émerger le même types d’offres clé en main que dans le pédoporno actuel (virtualisation + chiffrage). Certain le fond déjà: un serveur loué pour DL les torrent puis on les regarde en streaming… Le problème, c’est que les mafias, ayant innové avec le pédoporn, offriront les premières ce types d’offres (déjà le cas pour certains VPN) et s’en mettrons plein les fouilles sur le dos des artistes et de la population. À coté de ça TBP et bitorrent sont des enfant de cœur.

  19. Fabrice Epelboin

    @Guil

    Je crois que votre confusion vient du fait que vous êtes passé à coté du fait que les distributeurs/profiteurs de contenus pédopornographiques ne sont pas, depuis deja longtemps, ceux qui produisent les contenus. Le ‘divorce’ a eu lieu au début des années 2000, quand la capacité à distribuer représentait une barrière à l’entrée alors que le matériel était disponible en quantité phénoménal . Il n’y a pas de copyright, vous vous en doutez, n’importe quel distributeur peut commercialiser les contenus de n’importe qui sans rien lui reverser, un cauchemar (financier, tout du moins) pour les producteurs d’image pédophiles, qui sont, est-il utile de le rappeler, ceux que l’on cherche à stopper dans l’histoire.

  20. David Bourguignon

    « Un seul mot s’impose, qui n’a pas encore de traduction française, mais qui fera sans nul doute parti du monde d’après : accountability. »

    Évidemment qu’il existe une traduction pour « accountability » : je propose « obligation de rendre compte »…

    Et oui, le français, ce n’est pas de l’anglais ! En français, on préfère s’exprimer par combinaisons de mots, par articulations, plutôt que par regroupements courts et percutants… Il suffit de comparer « Welcome back! » avec « Soyez les bienvenus lors de votre retour chez nous ! »

    Notre époque étant celle de la rapidité et de la publicité, notre belle langue française, toute en liaisons, en flots continus, ne s’y trouve pas très à l’aise… Alors que l’anglais l’est tout à fait. Tiens, tiens, c’est intéressant : cause ou conséquence ? Je ne pousserai pas plus loin le raisonnement.

    Pour conclure, je cite la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, qui mentionnait déjà la notion d’ »accountability »…

    « Art. 15. – La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. »

    (C’est disponible ici : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789.5076.html)

    Merci pour toutes ces réflexions, et joyeux Noël !

  21. Fabrice Epelboin

    Évidemment qu’il existe une traduction pour « accountability » : je propose « obligation de rendre compte »…

    Ca fait quatre mot, pas un ;-)

    Non, ce mot n’existe pas en Français, et pour reprendre votre questionnement, « Tiens, tiens, c’est intéressant : cause ou conséquence ? Je ne pousserai pas plus loin le raisonnement. »

  22. David Bourguignon

    Merci Fabrice pour ta remarque, je me permets de compléter ce que je disais, au cas où cela aiderait les lecteurs à mieux comprendre mon point de vue.

    Les langages humains ont des manières différentes d’utiliser les mots : certains les agglutinent sans fin pour créer de nouveaux mots, d’autres les fragmentent pour en faire de longues phrases. Si les mots, pris individuellement, étaient le commencement et la fin de toute pensée, on n’irait pas loin.

    Un exemple classique : en allemand, on parle de « Weltanschauung » pour exprimer la notion de « conception du monde ». En anglais, on pourrait traduire par « worldview », ce qui n’est cependant pas équivalent à la richesse du concept allemand. Il faudrait alors aussi traduire lourdement par « conception of the world »…

    Dirait-on alors que seuls les Allemands ont réellement compris les problèmes posés par les différences de « Weltanschauung » sur la Planète ? Peut-être, mais ce serait assez pessimiste concernant la possibilité du dialogue interculturel, car, à cette aune, la traduction est forcément une tâche impossible.

  23. Fabrice Epelboin

    Dirait-on alors que seuls les Allemands ont réellement compris les problèmes posés par les différences de « Weltanschauung » sur la Planète ?

    Franchement, j’ai envie de dire oui (sensibilité écolo oblige), mais c’est peut être tout simplement la signature de l’origine allemande d’un concept qui s’est diffusé partout sur la planète. Il faudrait inviter des linguistes au débat ;-)

    Peut-être, mais ce serait assez pessimiste concernant la possibilité du dialogue interculturel, car, à cette aune, la traduction est forcément une tâche impossible.

    Si on part du principe qe chacun parle sa langue et reste chez soi, oui, c’est pessimiste (c’est le cas de beaucoup en France, qui ne parlent même pas anglais, sans parler de l’allemand). Mais si on envisage un monde où tous acceptent d’accueillir dans leur langue des mots venus d’ailleurs pour apporter des idées, c’est plutôt, du coup, une vision optimiste qui se dégage de tout cela.

    Les idées circulent, se forkent, se réinventent, et à un rythme désormais trop rapide pour que l’évolution des langues puisse suivre, il leur faut accueillir des mots étrangers sous peine d’asphyxier leur culture.

    C’est un peu le défi de la tour de Babel qui nous est posé à nouveau (la « vérité » ou la « connaissance » remplaçant ici Dieu, mais finalement, la nuance est subtile). Cette solution des grands flux migratoires inter-langues a le mérite d’être une solution innovante au problème de Babel ;-)

  24. Fabrice Epelboin

    Dans le même genre, d’ailleurs, que dire de l’apparition dans les messages universalistes issus de partout et nulle part des Anonymous de « meme », ces éléments de langages propres à une génération toute entière – trans culturelle ou meta culturelle – et qui provoquent, il suffit de regarder les commentaires – une vrai fracture entre ceux qui les comprennent (au sens de ‘prendre avec soi’) et ceux qui peuvent au mieux les entendre… C’est un phénomène linguistique assez fascinant, du coup, une espèce d’argot international…
    http://rww.zergy.net/2010/12/14/prospective/les-anonymous-premire-forme-dintelligence-collective/

  25. Max

    Bonjour,

    je suis en train de lire le document. La partie II pour commencer. A la page 50, concernant l’Operation Ore, il est indiqué par l’auteur qu’il y a eu 70000 victimes collatérales. Or en suivant les liens fournies en notes de bas de page 64 et 66, on tombe à deux reprises sur 7200 victimes. Cet écart mériterait soit une correction soit une information supplémentaire. Non ?
    Je poursuis la lecture. Je trouve effectivement ce témoignage fascinant, malgré ce qu’il en coute.

  26. Fabrice Epelboin

    je vais jeter un oeil (après les vacances), mais il doit s’agit d’une typo lors de la traduction. De mémoire, il me semble bien que c’est de l’ordre de 7000, mais comme j’ai bossé là dessus il y a bientot deux ans, je n’ai plus trop souvenir de ce cas particulier, juste que j’étais remonté à pas mal d’infos qui corroborait les affirmations de l’auteur, aussi bien du coté des sources judiciaires, policières, que de la presse.

  27. pierreghz

    Personnellement, j’utilise les méthodes de l’industrie pédoporno pour rester tout à fait anonyme à l’occasion, pas que je sois pédophile (je suis peut-être un peu trop jeune pour être qualifié ainsi), juste que je n’adore pas que les autorités aient ma trace.

    Je pense représenter le jeune geek qui a fait quelques recherches sur Google et qui sait déjà « comment qu’on fait » pour se faire jeter en prison ou pas.

    C’est à la portée de n’importe qui, c’est ça qui me fait rire avec leur « loi ».

    En ce qui concerne votre article, j’avoue ne pas trop m’y intéresser, pensant déjà connaître le sujet.

    En revanche, lire le témoignage de cet anonyme allemand a été très édifiant, et je pense pas qu’il soit si choquant que ça, au contraire, je m’imaginais bien pire, voyant la pédopornographie comme un ramassis de contenu psychopathe et sanglant où des enfants étaient torturés et violés, typique des médias, comme image.

    Je tiens d’ailleurs à exprimer une opinion : l’érotisme n’a pas d’âge. Voyez les photos de David Hamilton, voyez les gamines qui posent pour les nombreuses agences « pédopornographiques » (qui ne peuvent sémantiquement pas s’appeler ainsi), elles ne sont pas des objets pénaux, elles sont des êtres humains, et comme tout être humain, elles peuvent être attirantes, elles peuvent même être attirées par le sexe, attirées par le fait de s’exhiber, et cet anonyme le voit très bien.

    Au Japon (bien que ça ne soit pas un bon exemple vu la perversion et le sadisme de leur culture, si vous ne me croyez pas, allez sur 4chan), les relations sexuelles avec des adolescentes à peine pubères sont autorisées, et ils ne s’en portent pas plus mal, il est dit là-bas qu’un vieil homme a besoin d’une jeune femme pour être heureux.

    Pourquoi est-ce un tabou ici ? Je n’ai toujours pas compris.

10 Trackbacks For This Post

  1. Tweets that mention Wikileaks dynamite la Loppsi | ReadWriteWeb France -- Topsy.com :

    [...] This post was mentioned on Twitter by Fabrice Epelboin, damien douani, Luc Muller, Duncan, NeoSting Feeds and others. NeoSting Feeds said: Wikileaks dynamite la Loppsi http://bit.ly/gnfvCx #rwwf [...]

  2. Wikileaks dynamite la Loppsi – ReadWriteWeb France « Pierre Rouarch :

    [...] Wikileaks dynamite la LoppsiReadWriteWeb FranceAu delà du dégoût ressenti à la lecture de nombreux passages, les spécialistes des réseaux et du web-marketing ne pourront s'empêcher d'être fascinés par … [...]

  3. A la découverte du web #7 | Astucee - Actualité. Web 2.0. High-tech. :

    [...] plaise ou non, Wikileaks est un organe de presse.Paul Da Silva : Suppression de mon compte AmazonReadWriteWeb : Wikileaks dynamite la LoppsiBloggingEric Mainville : 101 trucs pour améliorer votre blogWebActus [...]

  4. Et si Wikileaks était une chance ? | ReadWriteWeb France :

    [...] et à disséminer son contenu aux quatre coins du monde, et une multitudes de lois en projet ou sur le point d’être votés, permettant à l’Etat français de censurer des informations sur internet sans recourir à la [...]

  5. Wikileaks – Une chance ? :

    [...] et à disséminer son contenu aux quatre coins du monde, et une multitudes de lois en projet ou sur le point d’être votés, permettant à l’Etat français de censurer des informations sur internet sans recourir à la [...]

  6. Wikileaks – Une chance ? » GanoWorld :

    [...] et à disséminer son contenu aux quatre coins du monde, et une multitudes de lois en projet ou sur le point d’être votés, permettant à l’Etat français de censurer des informations sur internet sans recourir à la [...]

  7. Wikileaks – Une chance ? « goupilapps :

    [...] et à disséminer son contenu aux quatre coins du monde, et une multitudes de lois en projet ou sur le point d’être votés, permettant à l’Etat français de censurer des informations sur internet sans recourir à la [...]

  8. Wikileaks – Une chance ? | Habbzone Stuff :

    [...] et à disséminer son contenu aux quatre coins du monde, et une multitudes de lois en projet ou sur le point d’être votés, permettant à l’Etat français de censurer des informations sur internet sans recourir à la [...]

  9. EOT pour ReadWriteWeb France : Francophonie, the final frontier | ReadWriteWeb French edition :

    [...] qu’un gus, dans un garage, qui vous fusille vos jolis arguments sécuritaires pédophiles en publiant des documents Wikileaks vous agace. Mais votre goût pour l’ordre et la sécurité vous amène à donner main forte [...]

  10. Préparez-vous à voir l’Internet français diminuer de volume « Blog de benji1000.net :

    [...] Sans doute s’appuyaient-ils sur « An Insight into Child Porn », le récit d’un informaticien ayant travaillé au service de réseaux pédophiles. Il explique que malgré la censure, des moyens énormes sont mis à disposition de cette [...]

Réagissez !

Politique de modération des commentaires

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leurs impacts sur les média, la communication et la société. Il est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio. Publié en cinq langues, il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, au Brésil, en Chine ainsi qu'en Afrique francophone. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


Partenaires

hébergement infogérance Bearstech
af83





Appli iPhone


 

Recommandés



Activité sur le site