Le dîner du siècle : lettre ouverte à Denis Kessler

La lettre ouverte de l’ancien numéro deux du Medef, Denis Kessler, tentant de répondre aux récentes manifestations qui accompagnent le ‘diner du siècle mensuel’ est, comme aiment à le dire nos amis anglosaxons, “a recipe for disaster”. Nul doute que beaucoup de ses amis le suivront droit dans le mur, mais étant donné la diversité des convives, il est permit d’espérer que certains réalisent à temps ce qui va leur tomber dessus.

Petit rappel, le ‘diner du siècle’ réuni chaque mois les élites intellectuelles et dirigeantes française de tout bord afin d’échanger discrètement points de vue et opinions de façon informelle. Imaginez un barcamp, mais en confidentiel, portant sur les affaires du monde et non sur un sujet de niche, avec du foie gras et du champagne à la place des pizzas et du coca.

Sémantique : comment se prendre les pieds dans le tapis

Je vais, en tentant de n’y ajouter aucune acrimonie, tenter de décortiquer la réponse faite par Mr Denis Kessler à ses opposants, au regard des nouvelles réalités du monde d’aujourd’hui, au lendemain du coup d’Etat réalisé par le numérique, dont il ne semble pas (encore) avoir réalisé la portée.

“on évoque « complot » et « conspiration », ces mots ayant toujours fait partie du magasin des oripeaux populistes.”

Cette incompréhension de votre part, je vous en fait le crédit, est plus liée à l’ignorance de la signification du mot “complot” tel qu’il est entendu dans le camp d’en face. Cette fois, c’est différent. Je vous suggère humblement de lire ceci (déjà lourdement ‘linké’ dans cet article) afin de réaliser que vous ne parlez pas du tout de la même chose.

Votre organisation est sans l’ombre d’un doute un complot, tel que ce terme est entendu par la civilisation du numérique, au sens où elle fonctionne sur la base du partage, entre un petit groupe de ‘privilégiés’, d’une information exclusive détenue par un petit nombre, et qui leur permettent d’aborder, avec un sérieux avantage sur les autres, la marche du monde, et surtout celle de leurs affaires respectives.

Vous le confirmez d’ailleurs à plusieurs reprises vous même dans ce même texte publié dans Le Monde, ce qui, vu du camp d’en face, est entendu, comprenez-le, comme une confirmation de leurs accusations :

“il s’interdit de s’afficher à l’extérieur en n’ayant aucune publication contrairement à la plupart d’entre eux.” et plus loin, “Réunir des responsables [...] quelles que soient leurs opinions pourvu qu’ils attachent leur attention aux problèmes politiques au sens le plus large du terme, c’est-à-dire aux problèmes généraux qui concernent l’évolution de la société.

Pire encore, Olivier Duhamel, appelé à la rescousse de votre démonstration, enfonce le clou en mettant le doigt sur, très précisément, ce qui permet sans l’ombre d’un doute de qualifier vos petites sauterie mensuelles (ou diner du siècle) de complots :

« Nous vivons dans des couloirs ou derrière des cloisons, Le Siècle ouvre des fenêtres et construit des ponts. »

Certes, cela ne constitue pas un complot au sens où on l’entend dans les films de James Bond, avec un Dr Evil prêt à prendre le contrôle du monde. Par contre, au sens où l’entendent ceux qui ont imaginé Wikileaks et qui ont changé de façon irréversible le concept et l’importance de la transperance dans la gestion des affaires de la cité, navré, mais c’est précisément ce qu’ils considèrent comme un complot.

Mais le pire (pour vous, en tout cas), c’est que ce genre d’activités est promise à la catastrophe si vous ne réalisez pas cela.

« Les entreprises qui n’arriveront pas à comprendre l’importance du moment risquent d’être désavantagées par son impact. Le risque ne repose plus sur les mesures de sécurité mise en place, mais sur le plus petit maillon de la chaîne dans chaque acte de communication ».
Annoncent David Gordon et Sean West dans la très sérieuse Harvard Business Review, et ceci sera la seule citation dans cet article, reprise d’un précédent billet publié ici, qui ne reprennent pas votre article publié dans Le Monde.

La seule chose qui vous sauvera d’une émeute au pied du Crillon, où ont lieu vos réceptions, est le génie du baron Haussman, qui a prévu de larges avenues dans les alentours, fort peu pratiques pour ériger des barricades.

Le fait de “construire des ponts” comme le souligne si bien Olivier Duhamel, ce grand intellectuel du siècle dernier, correspond, dans la vision ‘internet’ qui vient d’imposer ses règles de transparence et d’ouverture, à une description exacte de votre monde tel que le dénonce les tenants de Wikileaks, c’est à dire à l’établissement de liens faibles dans le meta-réseau social de ceux qui contrôlent quelque chose (Organisme public de toute sorte, instances représentatives, entreprise, média…). C’est ce mode de fonctionnement que Wikileaks vise à détruire. Là encore, vous ne faites que confirmer ce dont vous êtes accusé, et mettez le doigt sur l’une des dimensions du quatrième pouvoir appelée à changer rapidement.

Creuser sa tombe de façon collaborative

Passons, dans un ordre quelque peu aléatoire et arbitraire, à un rapide passage en revu du reste de votre réponse, Mr Kessler, qui contient un nombre incalculable d’erreurs, dues, je vous en fait (pour l’instant) le crédit, à une profonde ignorance du monde qui s’est construit depuis deux décennies. Un monde jusqu’ici confiné au virtuel, mais dont le mur de Berlin qui séparait les deux logiques, celle d’internet et ‘du monde réel’, vient de tomber, pour laisser place, au choix, à un affrontement ou à une unification (et vous portez à ce titre une lourde responsabilité, tout comme vos convives).

“Il serait au demeurant impossible de rendre compte de quelque 40 conversations libres qui se déroulent simultanément sur les 40 tables, composées différemment chaque mois. »

Figurez vous que si, on y arrive très bien. Je ne vais pas m’étendre sur les Barcamp, mais ce modèle ‘ouvert’ de rencontre informelles et de conversations, qui produit une quantité d’échanges assez comparable à votre dîner du siècle, arrive à être parfaitement transparent. Votre assertion est fausse, même si, il y a vingt ans, elle aurait été frappée du bon sens. Là encore, je vous fais le crédit – et tous mesurent ici ma générosité – de croire que cette impossibilité de la transparence est lié à l’absence de solution. Maintenant que vous avez une réponse à cela, il ne vous reste plus qu’à l’appliquer lors de votre prochain dîner, ou d’assumer une fois pour toute la place centrale du secret et de la discrétion dans votre système.

“Ses participants sont choisis par un conseil d’administration en fonction de leurs qualités professionnelles et humaines, mais c’est en tant que citoyens qu’ils participent à nos débats où ils n’engagent qu’eux.”

Doit-on comprendre que des responsables élus (syndicalistes, politiques) et d’autres censés répondre publiquement d’une éthique (journalistes) se voient offrir une pause dans leur sacerdoce les invitant à se débarrasser de leur devoir pour ne se préoccuper que de leurs intérêts particuliers ? Avouez que cela n’a pas de quoi réjouir ceux qui s’opposent à vous, et que, là encore, vous tombez dans LEUR définition du complot (pas la votre, encore une fois, la leur).

Ce serait « un lieu où les puissants s’entendent » : Le Siècle n’est pas un lieu de prise de décision. Jamais rien ne s’y est décidé. C’est un lieu d’échange et de débat.

Bis repetita. Si vous faites l’effort de comprendre (et vous finirez par le faire, même sans l’admettre publiquement) ceux qui manifestent durant vos ripailles (en particulier les partisans de la transparence), et que vous saisissez ce qu’ils entendent par complot, vous verrez que vous ne faites là, encore une fois, que confirmer leurs accusations.

Personne ou presque, en tout cas parmi les pro-transparence venus de la mouvance internet, ne vous accuse de faire du Diner du Siècle un lieu de décision des maîtres du monde, juste un lieu d’échanges et de débats sur la base d’informations cachées du plus grand nombre (d’où la discrétion qui accompagne ces échanges). Même si certains joueront – par populisme sans doute – de la confusion que tout cela va engendrer et profiteront de ce glissement sémantique que vous leur offrez sur un plateau d’argent, il est essentiel que vous et vos convives sachiez faire la différence (quitte à continuer sur cette ligne de défense, mais cette fois, en parfaite connaissance de cause).

“D’autres accusations sur Internet laissent pantois. Des « bâfreurs », « avec l’argent de nos impôts »

Cette accusation est ridicule. Je suis parfaitement d’accord avec vous. Les pauvres sont un peu cons parfois, au point de s’imaginer que la location d’une salle à l’hôtel Crillon et l’organisation d’un repas pour 40 tables soit cher au point d’avoir à demander des subsides à l’Etat. C’est stupide, mais à force de voir les revenus des élites se détacher à ce point des budgets des familles, on en arrive à cette triste réalité : les pauvres sont tout aussi déconnectés des réalités financières des élites que la réciproque. Ce qui coûte peut être moins cher que le cadeau de Noël de l’un de vos rejeton correspond à plusieurs années de salaire de ceux qui manifestent lors de vos diners. Comprenez-les, ils sont aussi détachés des réalités financières de la planète et de ses dirigeants que vous l’êtes de leur approche de l’argent.

“Elle fonctionne uniquement avec les cotisations de ses membres (160 euros, réduite de moitié pour certaines catégories de membres). Chaque participant paie son repas, un repas qui n’a rien de gastronomique… Avec le surplus, Le Siècle subventionne chaque année des associations qui agissent en faveur de publics en difficulté.”

C’est mignon, mais c’est totalement à coté de la plaque. Laisser ses miettes à ces salauds de pauvres, ça a un coté méprisant, et ces gens là s’énervent pour un rien, méfiez-vous.

Si vous faites une douzaine de repas par an, comme j’ai cru le comprendre, cela revient à dire que le prix de la ‘table’ revient approximativement, avec 160€ de cotisation annuelle divisée par 12 repas annuels et pour 40 tables = 33 centimes par table. Même en imaginant des tables de trois ou quatre convives seulement (10 centime le repas par tête), vous êtes très en dessous de ce qu’arrive a faire, malgré une longue expérience, les Resto du Coeur. Tout ça pour un dîner chic au Crillon. Franchement. Vous avez forcément quelques notions de mathématiques, vous réalisez bien à quel point cet exercice de transparence auquel vous venez de vous livrer sonne faux. Il existe de toutes évidence d’autres sources de financement à ces petits diner. Dans le monde d’internet, il existe un mot pour qualifier ceci, que vous apprendrez tôt ou tard, alors autant vous y familiariser : Fail.

Cette démarche de transparence bisounours est l’archétype de ce qui s’appellera sous peu du “social washing”, au même titre que beaucoup d’entreprises se sont engagées un peu vite dans le “green washing”. Tout cela ne résistera pas à la révélation prochaine de détails croustillants, sous forme de fuites, de la réalité qui se cache derrière cette générosité de facade (et de pacotille).

Quant à baisser une cotisation déjà faible de moitié pour ceux de vos membres qui sont dans la nécessité ou qui agissent pour aider ceux qui le sont, franchement, c’est prendre les lecteurs du Monde pour des cons, je n’ai pas d’autre mot.

“La liberté d’association est fondamentale à toute démocratie vivante”

Sans nul doute. Comme la liberté de la presse et la liberté d’expression. Faites vous une raison une bonne fois pour toute, tout ça est derrière nous. Si vous pensez encore vivre dans une démocratie et que vous êtes confiant sur le fait que cela va durer, il est temps de se réveiller. Vous faites parti d’une classe dominante qui contrôle une partie la marche du monde, c’est déjà pas mal. Habiller tout cela de démocratie à l’heure où la censure d’Etat sans contrôle a été voté au parlement (juste en face du Crillon), où la surveillance des communications de la population, par des officines privées au service d’entreprises privées, est en place (elle aussi votée dernièrement), c’est ridicule, et cela ne crédibilise pas votre discours.

Les accusations complaisamment véhiculées seraient profondément risibles si elles n’étaient le symptôme d’une grave dérive qui caractérise notre époque : l’obsession du complot, la recherche du bouc émissaire, bref, le populisme sous toutes ses formes. Et la perversité veut qu’aujourd’hui le populisme s’habille d’une soi-disant recherche de « transparence ».

Si votre stratégie de défense face à ce qui vient de vous tomber dessus se résume à cela, je ne peux qu’imaginer la mine réjouite de vos opposants (j’ai un miroir dans mon bureau). J’ai peur, là encore, que vous ayez manqué un épisode pour comprendre la réalité de la situation.

Ces dérives que vous dénoncez ne sont que des leviers d’actions pour les extrémistes « traditionnels », et n’ont, encore une fois, rien à voir avec la nouvelle force en présence dans le jeu de la gouvernance : cette saloperie d’internet qui vient, presque du jour au lendemain, de rendre définitivement précaire toute organisation basée sur le secret et la confidentialité de ses échanges. Tâchez de ne pas, vous, faire l’amalgame entre des positions politiques démagogiques auquel vous ferez face, quoi qu’il arrive, et quelque chose de radicalement nouveau auquel nous ne comprenez rien.

Soit vous pensez vraiment ce que vous avez écrit, et dans ce cas votre situation est catastrophique, soit tout cela n’est qu’un acte de communication fait dans la panique, et c’est un signe inquiétant à l’heure où beaucoup de personnes ont annoncé depuis longtemps le bouleversement qui vient (voir l’insurrection, pour certains).

Comprendre le futur en y plaquant de façon désespérée les modèles du passé ne peut que vous mener dans le mur. Les mots n’ont pas la même signification dans la culture à laquelle vous faites face et dans votre bouche.

Si votre stratégie repose sur le malentendu sémantique, prenez le soin de vous attarder sur les résultats de cette même stratégie, initiée par le gouvernement, Orange, et les adversaires de la neutralité du net lors du débat volé, en septembre dernier, sur la Net Neutralité. Leur stratégie repose elle aussi sur la confusion sémantique autour du mot ‘Open’, qui lui aussi à une toute autre signification selon qu’il soit utilisé par quelqu’un comme moi ou par une pub pour le fournisseur d’accès à internet contrôlé par l’Etat.

Le résultat ? Plutôt que de provoquer un débat au parlement, on a préférer passer en force par ordonnances. Démocratique ? Pas vraiment.

Continuons…

“Les journalistes sont des citoyens comme les autres et on ne voit pas au nom de quoi ils devraient être exclus de ces réflexions.”

Dans la mesure où il est désormais visible aux yeux de tous que bon nombre d’entre eux (et 100% de ceux qui sont invités à vos soirées) ont caché la vérité à leurs lecteurs et qu’ils servent avant tout, comme de vulgaires blogueurs, leur égo et leurs intérêts personnels, tout comme celui de leurs employeurs, le fait de les convier ne constitue, au final, qu’une preuve de plus d’un complot (au sens ou vos adversaires l’entendent, encore une fois, pas comme vous définissez ce qu’est un complot).

Les cris de bon nombre de journalistes sur le fait que “on apprend rien dans les cables” sont des clous supplémentaires enfoncés dans ce cercueil que vous vous construisez. Pourquoi n’ont il pas dénoncé tout cela s’ils le savaient ?

“Libre à qui veut de critiquer notre association, voire en la caricaturant. Pas de vouloir, pour se faire de la publicité, l’empêcher de fonctionner par l’invective ou la violence – ce, au mépris d’un des principes fondamentaux de la démocratie, à savoir le respect de l’autre.”

Vous m’accorderez de ne pas la caricaturer, et à vrai dire, il n’y a pas vraiment de caricature dans la façon dont les adeptes de la transparence venus de l’internet vous voient aujourd’hui, juste deux visions du monde, pour ne pas dire deux civilisations qui posent un regard différent sur la même chose (pour les organisations d’extrême gauche traditionnelles, je ne dis pas, je ne me prononce ici qu’au nom du point de vue de ces nouveaux aliens partisans de la transparence, et dans mon cas, au nom de l’impossibilité de faire autre chose).

Pour ce qui est des fondamentaux démocratiques, ayez le courage de reconnaître qu’ils ne sont plus là. L’e gouvernement Français censure sans contrôle et contre pouvoir, le gouvernement américain interdit à ses fonctionnaires de consulter et de commenter les infos du Cablegates et averti les élèves que s’ils le font, ils se couperont de toute possibilité d’intégrer le service public.

Franchement, c’est ça, pour vous, une démocratie ?


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57 commentaires pour cet article

  1. JohnBob

    Le fail, c’est toi

    Quand il écrit « Elle fonctionne uniquement avec les cotisations de ses membres (160 euros, réduite de moitié pour certaines catégories de membres). Chaque participant paie son repas, un repas qui n’a rien de gastronomique… « , il faut comprendre que le prix de chaque repas est payé EN SUS des 160 euros de cotisation.

  2. JohnBob

    Et accessoirement, même si les prix des repas étaient compris dans les 160 euros, ça ferait 160/12 = 13€ par repas et par personne.
    Ce qui est assez loin des 10 centimes que vous avancez, non?

    Bref, apprenez les maths et on en reparle. (Au passage, Denis Kessler est un professionnel très reconnu de la statistique et des probabilités, considéré comme un des meilleurs actuaires français)

  3. David

    il est permis et non il est permit !

  4. lehibou

    il faut absolument enlever la partie sur le calcul des repas, ça discrédite l’ensemble de l’article, intéressant au demeurant

  5. idoric

    D’accord avec lehibou.

  6. Pensez BiBi

    C’est très bien de découvrir le Diner du Siècle mais vous auriez du lire les deux articles-BiBi sur son blog, mis en ligne il y a … deux ans pour dénoncer cette liaison incestueuse Medias-Capitaines d’Industrie.

    Avec les problèmes posés ( manifs tous les derniers mercredis, 6 place de la Concorde, film de P.Carles) les Repas du Siècle sont déjà condamnés ( Kessler va probablement prendre sa retraite ou – pour mieux dire – va perdre « son » aura)

    Il faudrait vous occuper des nouveaux entrants dans ce champ-là ( comme l’écrivait Bourdieu) ou vous occuper des Jeunes Loups ( Felix Marquardt) qui organisent les clinquants Dîners de l’Atlantique (comme l’écrit Bibi)

    Bibi espère que vous et quelques autres ne mettraient pas autant de temps à dénoncer ces Repas new-look. Pour mieux les apprécier, je vous renvoie à mes récents articles sur ces Diners high-tech obscènes.

    Articles sur le Siècle (… juillet 2008 !)
    http://bit.ly/bb9hro et
    http://bit.ly/dCMnZd

    Articles sur les Diners de l’Atlantique :
    http://bit.ly/dIW1qi et
    http://bit.ly/gl6qSJ

    Bonne(s) lecture(s)

  7. ravaged

    D’accord avec lehibou, je n’ai pas finit la lecture, mais il y a un gros problème avec la partie calcul…
    Que disais-tu à propos du fail ?? :)
    Sinon des fautes il y en a quelques-unes.

  8. Lathan

    Rigolo…
    Ce sont les éminences grises qui discutent à bâtons rompus de la situation mondiale, mais c’est Internet qui complote leur perte.

  9. ravaged

    réjouite ?? -> réjouie !
    Je trouve qu’il y a de trop nombreuses fautes, et qu’une correction par autrui s’imposait avant publication. Je trouve aussi que cette réponse est trop longue par rapport au texte qu’elle critique, pour être en accord avec l’article de référence il aurait fallut faire plus simple, plus concis, plus direct. De plus, personne n’ira cliquer sur les 21 liens que comporte l’article. Désolé d’être critique mais je trouve l’enjeu important.

  10. Fabrice Epelboin

    Bon, je vais me repencher sur mon calcul…

  11. Fabrice Epelboin

    @ravaged

    On attend ton chèque pour payer les relecteurs et on s’y met. Si tu veux lire des média sans risquer de fautes d’orthographes, c’est facile, mais tu n’aura pas les mêmes contenus. On peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

  12. Fabrice Epelboin

    @johnbob

    Vous calculez le prix par table, pas par convive. Et vous oubliez que ce diner est mensuel, pas annuel. Je vais regarder de près ce calcul, mais le votre est faux.

  13. T0rv4ld

    Fabrice, ton calcul est bon, seul l’utilisation des 40 tables est à supprimer. Car 160/12 puis divisé par 40 font bien 0,33€. Le truc c’est qu’il faut raisonner en invités, et donc dans ce cas : 160/12 = 13€ par convive par repas. Ce qui au final ne change rien, car faire croire qu’un dîner au Crillon coûte 13€…voila quoi :D

  14. Emma Indoril

    Vous nous publierez la réponse de Kessler ? (s’il condescend à répondre…)

  15. Pipon

    @john bob

    Jean Bernard ne soyez pas insultant, grosse tâche. Si l’auteur fait ce rapide petit calcul ce n’est pas tant pour donner une leçon de maths à qui veut bien ; mais surtout, semble t’il, pour souligner l’aberrante justification, par l’auteur de la lettre du monde, d’un coût du repas incroyablement bas au Crillon. Et ceci de surcroît, fait sur l’insuportable ton du petit morveux fils à papa et geignard qu’on aurait pris la main dans le sac, en train d’arracher les ailes d’innocents papillons. Et votre beau calcul de 13 euros pour un dîner luxueux ne dupe personne. Prenez nous pour des cons vous aussi. Vous avez raison, car vous n’attirerez ainsi qu’haine et mépris à votre égard, imbécile.

    Par ailleurs, votre « {…}il faut comprendre que le prix de chaque repas est payé EN SUS des 160 euros de cotisation » ; petite invective pleine du bon fiel dont vous avez l’air d’aimer vous gaver, vous place une fois de plus dans la position -qui ma tout l’air de vous sembler fort confortable- de l’idiot profond. Puisque Mr Kessler ne précise pas dans sa lettre si il paye ou non quoi que ce soit en plus de leur adhésions et que rien ne permetrait à qui que ce soit de le savoir ; aucune personne d’un tant soi peu censée n’irait s’amuser à chercher à expliquer quoi comprendre à quelque chose qui n’est connus de personne, puisque l’interréssé lui même ne dit pas ce qu’il en est. Personne sauf vous, triple buse. En revanche, extrapoler la bourde (qui est d’essayer de faire avaler des couleuvres grosses comme des baleines à ses lecteurs) et de la renvoyer à ce qu’elle à d’intrinsèquement ridicule et finalement risible, comme le fait l’auteur de la présente réponse, est frappé du coin du bon sens. Mais bon sens et humour chez vous ne doivent pas faire bon ménage. Puisqu’encore faudrait il que vous ayez l’un ou l’autre.

    J’ai bien aimé vous répondre Jean, les cons comme vous aident beaucoup à se défouler après une dure journée. Merci.

    Et vive la Guillotine et le sang impur des oligarques et de leur laquais, qu’elle fait joyeusement pleuvoir sur notre bon pays !

  16. ravaged

    Le monde ?? J’essaye de les corriger mais ils s’en foutent, visiblement http://twitter.com/#!/ravaged_/status/13561395924697088

    Des fautes j’en fais, comme tout le monde, mais les petites erreurs de conjugaison que j’ai pu voir dans l’article tu es parfaitement capable de les corriger, c’est pour ça que j’ai parlé de relecture.

    Par ailleurs, si je peux t’être utile ce sera avec grand plaisir !!

  17. Droit dans le mur

    Pour les fautes, il y a des logiciels de correction (des « correcteurs ») qui ne sont pas mauvais aussi… Et, je trouve qu’il n’y a pas de honte à utiliser ce genre de logiciel : personne n’est parfait, et, ça permet surtout de se concentrer sur le fond (plutôt que sur la forme).

    Ensuite, je trouve ça incroyable que certains n’aient toujours pas compris que, la censure, ça ne fonctionne pas. Même quand ça semble être une bonne idée, et que tout le monde semble d’accord : c’est un échec ! Il n’y a qu’à voir, par exemple, avec tout ces systèmes « antispam » : la « solution » cause plus de tort que le « problème ». Rien que récemment, depuis presque une semaine, tous les clients du FAI Orange (et qui utilisent l’email de leur FAI Orange) ne reçoivent plus aucun message d’expéditeurs qui seraient ne serait-ce qu’un tout petit peu suspect ! C’est grave pour le destinataire, qui ne va pas recevoir le message qui lui était destiné. Mais en plus, en cette période de Noël, si l’expéditeur est un commerçant (suspect car envoyant beaucoup d’emails)… ça va faire des ventes en moins ! C’est incroyable de ne pas se rendre compte du mal que cette forme de censure fait, et d’être prêt à l’étendre à d’autres sujets.

  18. GdeC

    trop long ! j’ai pas réussi à lire jusqu’au bout… Dommage ! ça a l’air passionnant !

  19. 3d

    excellent article, on ne saurait mieux dire…

    un bémol sur les fautes : plutôt que de demander un chèque pour les relecteurs ou inviter à lire l’iMonde, pourquoi ne pas s’appuyer sur de fidèles lecteurs (voire au moins des proches, ou collaborateurs) ?

  20. Martin

    Article très intéressant, même si en effet le calcul me semble faux (et le paragraphe le concernant a d’ailleurs été barré). On a bien affaire à deux visions complètement opposées du « complot », et de façon plus large, de la société entre les dirigeants politiques, économiques, etc. et les activistes numériques.

  21. WilnocK

    On retrouve dans cette article: le mot « Transparence »: 9 fois, le mot « Democratie »: 5 fois, et on ne retrouve jamais le mot « dictature »
    En revanche dans la lettre ouverte de M. Kessler: le mot « Transparence »: 1 fois, le mot « Democratie »: 2 fois, et on ne retrouve jamais le mot « dictature »
    J’avais cru comprendre que le glissement semantique a la mode ces derniers temps c’etait la: « Dictature de la Transparence »?

    Sinon, oui le calcul, c’n'est pas encore ca…

  22. Fabrice Epelboin

    Bon, j’me suis planté dans un calcul basique, c’est lamentable. Heureusement, John Bob a corrigé (en plus, j’avais pas toutes les données). C’est bien 13€ par tête, les Restos du Coeur restent bien plus compétitifs que le Crillon. Tout rentre dans l’ordre.

    @Emma Indoril

    Of course :-)

    @3d

    Le collaboratif pour l’orthographe ça marcherait si ça ne demandait pas de boulot à l’auteur ;-) Si ça demande des ressources supplémentaire, il y a forcément un trade-off à faire entre plus de contenus et plus d’orthographe. Cet article a peu de faute d’orthographe, mais il a demandé une grosse demi journée à écrire, celui ci dessus a été torché en une heure, et ce pour une raison simple, je n’ai pas que ça à foutre, ce blog ne rapporte pas un sou, j’ai un boulot dans la vie ;-)

    @droit dans le mur @ravage : même remarque les gars ;-) Ce que vous payez en regardant horifiés mon orthographe lamentable, c’est la faillite du système scolaire français, qui a toujours toléré ça de moi parce que j’étais super bon en math et en physique. C’est con, mais c’est comme ça (bon, en plus, ma mère est prof de français, donc il y a un vieux truc Freudien qui n’arrange rien ;-)

    @Gauche de Combat

    Bordel de m… Et L’insurrection qui vient, c’était trop long à lire ? Vous voulez être de gauche au point de combattre pour cela, mais sans vous prendre la tête avec une texte trop long ou trop compliqué ? Ils font déjà ça à l’extrême droite, ça suffit comme ça, non ?

    @droit dans le mur

    Le filtrage n’est pas QUE un outil de censure, c’est aussi un outil de contrôle. Je m’explique : si, de base, une info n’est pas accessible sur le ‘sarkonet’, vous et moi saurons contourner ça aisément, mais pas madame Michu, qui n’aura pas cette info, même si Kévin la lui raconte. Ca restera « une rumeur de l’internet », dont l’à si souvent mis en garde Mr Pernot au 13h de TF1. On peut avant tout utiliser la censure pour contrôler la population. Que quelques pédonazis comme vous et moi puissions accéder à l’information importe, au final, assez peu.

    Au passage, le rapport que vous faites avec le spam est amusant. On pourrait imaginer diffuser les fuites via du spam, afin de contourner la censure… Bon. Perso, je ne sais pas faire ça… Avis aux amateurs.

    @Pipon

    Reconnaissons tout de même le courage à @john bob d’avoir eu l’initiative du dialogue (enfin, presque). En nous donnant un élément indispensable au calcul que lui seul pouvait connaitre (ainsi que pas mal d’autres qui sont proches ou font parti des ces petits ‘diners du siècle’, et qui sont les seuls à avoir ces infos). A ce titre, on peut entendre cela comme une réelle avancée vers la transparence. Merci pour cela, John Bob.

    Merci aussi pour ton IP, John Bob (on se tutoie, je crois), car non, John, il ne suffit pas de s’appeler Bob et d’avoir une adresse gmail pour être anonyme sur le Net, c’est beaucoup plus compliqué que cela, Bob. Par ailleurs, surfer perso au bureau, ce n’est pas bien. A moins que ce soit ton travail de venir commenter sur les blogs des opposants, Bob ? (on appelle cela de la veille, c’est plus classe)

    Je comprends ceci dit, vu l’entreprise où tu travaille, que vous flippiez comme des bêtes à l’idée de voir vos archives informatiques publiées un jour ou l’autre par un Wikileaks, c’est normal d’avoir peur. Mais réagir comme cela est inconsidéré, fait à la hâte, et n’aura qu’un seul effet : faire peser un soupçon sur ta boite. Vous devez cacher des truc pas net pour réagir dans la panique.

    La mauvaise nouvelle, c’est que c’est trop tard Bob, la question n’est pas de savoir si ça va arriver, mais quand ça va arriver. La bonne nouvelle, c’est que cette petite incartade dans le monde de l’infowar te montre à quel point ta boite n’est pas armée pour faire face à ce qui va lui tomber dessus. Rassure toi, Bob, tu n’est pas seul.

    Joyeux Noël, Bob.

  23. Guilhem Fouetillou

    Amusant ce débat sur une division par 12 de 160€… De plus l’article initial précise que les membres payent leur diner et qu’ils payent aussi leur cotisation, raison pour laquelle l’auteur use de deux phrases successives donc la division, même correcte, tombe à plat. Sinon j’avoue être un peu étonné par le ton polémique, agressif, révolutionnaire, insurrectionnel (et je ne me prononce pas sur le fond) de cet article sachant qu’il est publié sur ReadWriteWeb France site faisant partie d’un réseau qui peut se targuer d’être publié dans le NYT et qui dans sa version US fait preuve d’un peu plus de mesure …

  24. Guilhem Fouetillou

    Je précise que mon précédent commentaire était fait à titre personnel, qu’évidemment tout ceci n’a aucun lien avec mon statut de chef d’entreprise qui compte parmi ces nombreux clients des ministères, institutions et partis politiques et que, malgré ma critique de votre article, je reste sur le fond, mais vraiment sur le fond, globalement d’accord avec vos positions concernant la défense de la netneutralité et le besoin de plus de transparence !

  25. Krondstadt

    Excellent, (bonjour Bob, Joyeux noël Bob!)

    Merci pour cet article et les liens associés.

    Je ne saurais malheureusement pas écrire de tels articles, en revanche, je puis en vérifier l’orthographe, et si de cette manière, je pouvais contribuer un peu, j’en serais ravi, je me propose (bénévolement, cela va sans dire) pour relire vos textes Fabrice.

    Amicalement.

  26. U.H.M.

    Le Dîner du Siècle, et le gros Kessler, sont les illustrations parfaites de l’Oligarchie politico-médiatico-industrielle qui prétend maintenir sa domination sur nos vies. Kessler en particulier, est l’un des pantagruéliques groinfres qui veulent en finir avec le modèle économique et social issu du Pacte du Conseil National de la Résistance (comme le rappellent d’ailleurs certaines de ceux à qui le Pouvoir Policier français a imputé le livre « L’insurrection qui vient »).

    La mise en concurrence de tous contre tous, l’eugénisme social cher au petit Sarkozy, la rentabilisation-réification du vivant, l’abandon des solidarités publiques, l’atomisation des individus réduits au rang de travailleur-consommateur, la domestication mercantile d’internet, l’arraisonnement des comportements dits « déviants » ou « marginaux » par captation financière ou par dénonciation calmonieuse, et j’en passe.

    Voilà ce que promeuvent les types comme Kessler, et voilà à quoi participent avec zèle les ordures néoaristocrates du Dîner du Siècle. Et comme vous le rappelez fort bien Fabrice, voilà les petites collusions, les petits arrangements, les petites ententes de l’Oligarchie que nos initiatives, de type hacking ou « stratégie de Dracula », vont dévoiler au grand jour. Qu’il s’agisse du courage de Pierre Carles, des enquêtes de Denis Robert, ou de la résistance que vos amis de la Quadrature ou de FDN apportent aux vélléités de contrôle du net par la junte Sarkozique.

    Ces types, ces « obèses contrôleurs », ces ventripotents profiteurs de crise, ces cyniques pourritures élevées à l’ultralibéralisme, ces survivalistes de la finance, et leurs complices les politiques qui trahissent leurs mandats électoraux, et leurs séides les petits éditocrates de la propagande capitaliste… Ces types, les capitaines d’industries du désastre, ces politiques clientélistes et leurs bailleurs de fonds gangsters des beaux quartiers, et leurs agitateurs réactionnaires ou populistes, vont bientôt tous finir sur des piques, s’ils continuent à nous gratter de la sorte.

    Bénissez internet, néoaristocrates moisis : tant que nous vous dénonçons par écrit pour ce que vous êtes, nous n’en sommes pas encore à vous extirper par la force de là où vous vous terrez.

    J’ai hâte, vraiment hâte, que Wikileaks ou une initiative du même type révèle, suite aux turpitudes des politiques et des ambassades, à leur tour les méfaits et les petites combines des grandes industries et de leurs clients les politiques, des lobbyistes et des banquiers, des commissionnaires et des donneurs d’ordre, des spéculateurs et des cumulards.

    Industries pharmaceutiques, potentats énergétiques, industries des télécommunications (déjà connues pour leurs ententes anticoncurrentielles), industries agroalimentaires (apprentis sorciers), et puis évidemment, industries culturelles, qui ne reculent devant aucune violation des principes fondamentaux du droit, qui mutilent et déforment le droit d’auteur à leur profit, qui étalent une propagande digne de l’Eglise Inquisitoriale, ces industries « du contenu » qui veulent conserver leur monopole inique, quitte à violer la vie privée et les libertés individuelles de leurs propres « clients ». Industries de la sécurité, industries des médias, sondages, etc… histoire aussi de mettre en lumière les petites collusions des ventripotents Alain Bauer et Denis Kessler, avec l’Union des Mercantiles et des Pétainistes (UMP) et son petit caudillo. Les amours des Bouygues, des Bolloré, leurs affables intermédiaires, leurs zélés représentants, avec la junte des Hauts-de-Seine par exemple ? La complaisance lascive des grands médias pour leurs propriétaires fortunés et leurs amis politiques ? Les enveloppe en kraft qui s’échangent dans les salons parisiens ? Les violations quotidiennes des principes juridiques et philosophiques de nos démocraties ? Nous savons tous aujourd’hui que la démocratie est morte, elle ne survit sur sous la forme d’un fantôme qu’on agite pour faire progresser ses idées liberticides, alors que tout prouve que la clique de Sarkozy n’est là que pour protéger et promouvoir les intérêts des gargantuas de salons tels que Kessler, sous l’oeil souverain des fonds de pension et des agences de notation. La démocratie est morte, une certaine « droite décomplexée » a achevé de la transformer en ploutocratie.

    J’ai hâte, j’ai vraiment hâte qu’on révèle les turpitudes et les montages de ces mastodontes financiers et ces prophètes du capitalisme triomphant. Parce que l’Histoire est longue, qui illustre ce que peuvent faire les peuples qu’on tente de réduire à l’état de troupeau bêlant. La télévision ne leur suffira pas à contrôler le temps de cerveau disponible. Le crédit à la consommation ne suffira pas à combattre la colère : leur chute est programmée, et à défaut de s’y résigner dans l’intérêt général, ces prétendues « élites » s’y résigneront de force.

  27. U.H.M.

    Palahniuk et son Tyler Durden, malgré tout ce qu’il y avait d’approximatif là-dedans, préfiguraient ce qui est aujourd’hui possible. Un employé d’ambassade, un administrateur réseau, un prestataire, une comptable, un salarié mécontent, un cadre licencié, une « technicienne de surface », tout le monde peut faire fuiter les petits secrets des puissants et des voraces, et révéler au grand jour les réalités purulentes des marchés.

    Secret professionnel ? Secret-défense ? Secret d’affaires ? Secret diplomatique ? Désolé, les gars, petite « élite » riche et autoproclamée : nous nous en moquons, vous avez perdu toute légitimité pour en bénéficier. Vous avez trahi vos fonctions, vos mandats arrivent à terme. Vous vous goinfrez sans retenue, nous ne perdrons plus de temps à vous rappeler à l’ordre. Le « petit peuple » peut enfin reprendre un tout petit peu le contrôle de son destin, parce qu’il a internet. Et c’est ça que la Sarkozie veut à tout prix contrôler : le développement d’un véritable contre-pouvoir, que la presse générale ne peut plus se targuer d’être. Seulement le mouvement est mondial, et le gros Kessler fera comme les autres : il barbotera un temps à la surface du ras-de-marée, aussi paniqué qu’un trader en période de krach boursier, et il coulera avec ses stock-options.

    Les affaires Woerth-Bettencourt et Sarkozy-Karachi ne sont que les premières. J’ai hâte, vraiment hâte.

  28. U.H.M.

    Je faisais partie de la grosse centaine d’indignés (que le pouvoir policier-décomplexé appellera sans problème des « terroristes » ou des « anarchistes ») qui ont manifesté devant le Crillon le mois dernier.

    Les lampadaires de cette partie de la place de la Concorde étaient éteints, pour préserver la discrétion des petits journalistes et des petites starlettes du capitalisme de 3e espèce qui venaient se restaurer, et pour masquer la répression policière, aussi brutale qu’illégitime.

    Vous croyez vraiment, au « Siècle », qu’on va laisser tomber comme ça ?

  29. Krüt

    cet article sent bon le populisme malheureusement

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_(politique)

  30. U.H.M.

    @ Guilhem Fouetillou : juste une question : les banques, les agences de notation, les traders, ont-ils fait preuve de « mesure » ? Les politiques qui leur signent des chèques monumentaux, sans reconquérir la souveraineté qu’ils devraient exiger sur les entreprises renflouées avec les deniers publics, font-ils preuve de « mesure » ? Les éditocrates qui répandent leur propagande dans les colonnes des journaux, et qui entérinent la destruction méthodique des solidarités institutionnelles ou spontanées, font-ils preuve de « mesure » ? Les propagandistes des pouvoirs néoconservateurs ou néolibéraux font-ils preuve de « mesure » ? Les petits soldats de la réforme liberticide sur internet, les lobbyistes du droit d’éditeur, les censeurs de la liberté d’expression, les donneurs de leçons démocratiques qui crient au terrorisme lorsqu’on les contredit, font-ils preuve de « mesure » ?

    Devant la démesure des trahisons constatées, il n’est plus de « mesure » qui vaille. Il faut bien comprendre que la colère ne se limite pas aux manifestants contre la réforme des retraites, par exemple, mais qu’elle est générale. Regardez brûler les sièges bancaires en Grèce, et tournez vos regards vers nos institutions financières et leurs annexes ministérielles : bientôt peut-être ?

  31. Arnaud

    à chaque fois attiré par ce qui semble être un article intéressant, je ne parviens pas à aller au delà d’une dizaine de lignes sur la plupart de ce qui est publié ici.

    J’aime le bien parler ainsi que le bien écrit, mais bon sang, que votre style est pompeux et lourd, avec toujours cette petite touche de vanité qui fait que définitivement, non…

    C’est dommage d’être rebuté par la forme quand le fond, lui, est attractif.

  32. U.H.M.

    A lire : ce que le gros Kessler disait, il y a quelques années, du « modèle économique et social français », celui-là même qui a limité (un peu) la casse en 2008 quand le système bancaire a explosé, celui que de très nombreux pays voudraient pouvoir mettre en place, celui qui a empêché que le marché ne vienne complètement atomiser la société nationale et ses solidarités non marchandes : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1316

  33. Jean-marc

    « Pour ce qui est des fondamentaux démocratiques, ayez le courage de reconnaître qu’ils ne sont plus là. L’e gouvernement Français censure sans contrôle et contre pouvoir, le gouvernement américain interdit à ses fonctionnaires de consulter et de commenter les infos du Cablegates et averti les élèves que s’ils le font, ils se couperont de toute possibilité d’intégrer le service public.
    Franchement, c’est ça, pour vous, une démocratie ? »

    Mais cher Fabrice, tu crois vraiment que pour le siècle, ou bon nombre de parlementaires hélas, la Démocratie théorique est autre chose qu’une épine plantée dans le pied de leur volonté hégémonique?

    La rupture est consommée, et les nouvelles technologies politiques censées redonner vie à la démocratie, tout simplement traduit par « une meilleure régulation des décisions impliquant le collectif, la société », ne pourront exister et se mettre en place que contre tous ceux là, certainement pas avec leur aval.

  34. Droit dans le mur

    @Fabrice Epelboin

    (Bon, au lieu de tourner autour du pot : je pense qu’Antidote, de Druide informatique, n’est pas un mauvais logiciel de correction. Voilà, c’est dit.)

    Maintenant, à propos de la censure… Non ! Ça ne va pas être possible d’utiliser le spam comme moyen de contournement.

    C’est qu’aujourd’hui, la censure touche même ceux qui n’ont pas de raison d’être concernés. C’est ça le problème… ça touche aussi M. Pernot et Mme Michu. Bon, ça sera toujours le problème de la censure, à chaque fois, il n’y a rien à faire. Et, on en a régulièrement la preuve, dans la pratique. Dans le cas d’Orange que je citais, ceux qui sont touchés, c’est : Mme Michu (qui utilise l’email de son FAI), les « grosses » organisations (académies, etc.), les honnêtes commerçants en ligne (en pleine période de Noël), etc.

    Et pourtant, personne n’est pour le spam ou la pédopornographie ! Le débat n’est pas sur la motivation, la raison, la justification de la censure. Le problème c’est : la censure et ses inévitables « dommages collatéraux » (volontaires ou pas) que ça va provoquer.

  35. U.H.M.

    Plus exactement, la question est : comment empêcher des groupes politiques et économiques d’instrumentaliser des démarches nécessaires (éradication de la pédopornographie, lutte contre le terrorisme) pour instaurer une censure et un contrôle qui dépasse, et de loin, à la fois leur prétexte de départ et leur mandat républicain ?

    En une phrase, qui convient tout autant aux innovations technologiques qu’aux régimes politiques : « qui garde les gardiens ? »

  36. Roland

    eh oui comme dit le siécliste le droit d’association fait partie essentielle de la démocratie,
    et le droit de manifestation aussi !
    Il a donc tort de se plaindre.

  37. Fabrice Epelboin

    @Guilhem Fouetillou

    Je vous suggère de lire l’édition Américaine, vous allez être surpris. Sinon, le coup de la dénonciation au grand frère US, appelé à la rescousse pour recarder le petit frenchy risque de se heurter à un os (ou même plusieurs). Je ne vous accuse pas d’avoir cette intention, mais pour ceux qui y penserait :

    - L’armée numérique de Ben Ali a essayé cette stratégie et s’est mangé un énorme effet Streisand qu’elle a payé très très cher (mise à nu de cette même armée numérique, enquête de RSF, mise à nue de leur stratégie de diversion sur Facebook, et acharnement de ma part sur ce pauvre Ben Ali jusqu’à lui mettre par terre sa belle machine à voler les logins de ses citoyens). Pire encore, établissement d’une preuve formelle du rapport entre la dictature numérique de Ben Ali et l’entourage proche de Nicolas Sarkozy. Des infos que nous n’avons pas traité (because pas moyen de protéger les témoins en France, même si j’avais une carte de presse, si tant est que ce soit possible de nos jours sans recourir à des Wikileaks). Du coup, on a lâchement refilé le bébé à RSF qui continue l’enquête. LOL.
    http://rww.zergy.net/tag/tunisie/
    Ca nous a permis de repérer des activités Facebook similaires à celles de Ben Ali sur l’ecosystème Facebook de personnalités politiques Française, de les mettre sous intense surveillance via des scripts développés à l’occasion, de remonter des réseaux entre la France et la Tunise grâce à celà, et de, peut être, désamorcer une stratégie possible pour la fameuse iRiposte de l’UMP. Avouez que risquer tout cela juste pour le plaisir de dénoncer le frenchy excité aux ricains avant de s’apercevoir que les ricains sont tout aussi excités, c’est idiot, non ?

    - Ce blog n’est pas américain, faut arrêter avec ces conneries. Il est né en nouvelle Zélande, un pays tout aussi influencé par l’Asie et l’Australie que par les Etats-Unis, il a été créé en 2003 par Richard Mac Mannus, un professeur Cosinus du web sémantique et du web social, rejoint ensuite par Marshall Kirkpatrick, l’éditeur de la version US, qui est un gros activiste, au même titre que moi, qui ai lancé l’édition Française. Marshall lit a peu près tout ce qui sort de RWW France (oui, les américains ne sont pas tous des incultes). Si vous avez un doute sur les orientations politiques de ce blog au niveau international, je vous suggère, par exemple, de réaliser que désormais, aux US, il y a deux auteurs dédiés au problème de ce qu’en France on nomme les libertés numériques : http://www.readwriteweb.com/archives/author/curt-hopkins.php
    Au passage, le dernier article de l’éditeur de la version US : http://www.readwriteweb.com/archives/shame_on_democratic_south_korea_for_censoring_face.php

    - En tant qu’éditeur Français, j’ai une complète autonomie pour peu que je respecte ‘les valeurs qui font la ligne éditoriale de la version en langue anglaise’. Un oeil au lien ci dessus vous montrera à quel point je suis tout à fait dans les clous.

    - Par ailleurs, Guilhem, vous êtes bien placé pour avoir le nez dans les cables (et y appliquer une techno au demeurant très intéressante) pour voir à quel point ça pue. Quel dommage au passage que Linkfluence ne croit toujours pas aux moteurs de sentiments, avouez que c’est le moment de dégainer ce genre de truc (ceci dit, pour la sémantique en général, les outils de visualisation en particulier et le datajournalism, Wikileaks, les dumps massifs de data brutes, c’est une vraie rampe de lancement, je suis sûr que vos ingénieurs ne débandent pas depuis des semaines – vous me pardonnerez l’expression).

    - Que RWW soit maqué au NYT n’est, avec un peu de recul, pas si étonnant. Vu les circonstances, c’est plutôt malin d’avoir un partenariat depuis longtemps avec des gens qui sont totalement chez eux dans les milieux hacktivistes et pro Wikileaks, un réseau international qui se ramifie aussi bien chez les activistes Chinois, Iranien, Tunisien, Egyptiens, etc, etc, etc. Ca fait sens, vous ne croyez pas ? Perso, je serais très mal à l’aide de bosser pour LeMonde, totalement largué par les évènements, sans la moindre connexion avec les milieux où ça se passe, repliés dans leur tour d’ivoire, et qui a prouvé dans l’affaire Wiklileaks qu’il n’était pas digne de confiance http://www.acrimed.org/article3498.html
    Le NYT, lui, est censuré par le gouvernement Américain, pas par ses propres journalistes, c’est mieux, non ?

    - Question subsidiaire, ce truc, àa sort de chez vous ?
    http://medialab.sciences-po.fr/controversies/2010/Hadopi1/cartos.html

    @Michaël

    Ce social hack est intellectuellement bluffant, ça fait un peu peur mais on ne peut s’empêcher d’être fasciné…

    @Krondstadt

    Comme dit plus haut, l’orthographe est un handicap avec lequel je doit composer. Ce qui est agaçant dans mon cas, c’est surtout la distorsion entre mon Français en général et mon orthographe en particulier. Si j’écrivais des kikoolol, personne ne trouverait quoi que ce soit à redire.

    Passer par des relecteurs prend du temps (même à gérer), retard la date de publication d’un article. Pour un livre, ce n’est pas bien grâve (toutes les contributions que j’ai pu écrire sous forme de livre sont passées par un tel process), mais pour un article, à moins d’avoir une structure avec un relecteur sous la main en permanence, c’est injouable sauf a faire des compromis en terme de rapidité de publication ou/et de quantité de contenu produit.

    @U.H.M.

    J’ai hâte, vraiment hâte, que Wikileaks ou une initiative du même type révèle, suite aux turpitudes des politiques et des ambassades, à leur tour les méfaits et les petites combines des grandes industries et de leurs clients les politiques, des lobbyistes et des banquiers, des commissionnaires et des donneurs d’ordre, des spéculateurs et des cumulards.

    Ce que vous cherchez s’appelle Euroleaks, c’est le cauchemard des lobby. Joyeux Noel.

    Sinon, pas sûr que Fight Club soit approximatif, tout comme Matrix, V for Vendetta et d’autres, il est probablement trop tôt pour juger ;-)

    Enfin, juste pour pondérer tout cela, je vous invite à réfléchir à une chose : toute organisation, morale ou amorale, néfaste ou bénéfique pour l’humanité, fonctionne sur la base d’un secret ou d’une information confidentielle partagée par son élite. Je suis (entre autre) prof au CELSA/Sorbonne. Je partage avec les profs du master dernière années des infos cachés des étudiants (stratégie pour la notation de l’exam de fin d’année, remarque sur tel ou tel élève). Sans ces infos confidentielles, l’institution éducative ne marcherait pas. Dans une ère Wikileaks, elle ne pourra fonctionner. A ce jour, je n’ai repéré aucune activité au sein de la Sorbanne pouvant être qualifié de dangereuse pour la société, bien au contraire. Si Wikileaks va faire un grand ménage dans les écurie d’Augias, beaucoup de choses pas néfaste du tout et très bénéfique à la société vont aussi être emportées.

    @Krüt

    Mieux vaut sans doute se cantonner à TF1.

    @Arnaud

    Mouis… du mal avec la lecture, certainement. C’est triste. Sans me comparer un instant à lui, je n’ose imaginer votre tête devant du Proust. Si vous trouvez mes textes et mes phrases trop longue, vous auriez voté pour un autodafé en ce qui le concerne. Deux solutions : apprenez à lire, ou contentez vous de lire des truc simple et court, fait pour vous injecter des indées simples et courtes et vous éviter de penser. Ce blog est un etruc d’intello assumé, on y parle de façon compliqué de chose compliqué, on y refuse de façon systématique les simplification. Si vous regardez où cela nous a menée lors de la bataille d’Hadopi, vous comprendrez mieux pourquoi il est hors de question de changer cela. Je vous conseillerait bien un vieux billet qui vous montrerait en quoi le fait de ne jamais simplifier un problème peut amener à plus de clairvoyance, mais c’est long avec plein de phrase, ça va être difficile à lire. Jettez au moin un oeil à la conclusion, et dites vous que ce texte à été la raison de l’annulation d’une grosse opé de com’ d’Albanel et de l’abandon par le ministère de la Culture de toute argumentation scientifique et économique pour justifier Hadopi.
    http://rww.zergy.net/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/

    @Jean-Marc

    Mais cher Fabrice, tu crois vraiment que pour le siècle, ou bon nombre de parlementaires hélas, la Démocratie théorique est autre chose qu’une épine plantée dans le pied de leur volonté hégémonique?

    C’est difficile à dire. J’ai croisé énormément de politiques ces dernières années, mais cela ne constitue pas une échantillon représentatif pour autant, vu que ceux qui ont accepté de me parler et d’échanger avec moi sont par nature plus ouvert que les autres.

    Disons que je suis sûr qu’il existe des députés qui oeuvre pour le bien public plutôt que pour leur gueule et les intérets de leurs amis et financiers. Ca, j’en suis sûr, j’en ai rencontré, à gauche comme à droite. Il existe également de vrais pourris, à gauche comme à droite. Le ‘tous pourris’ est vraiment une bétise dans laquelle il ne faudrait pas tomber, et l’opposition ‘les méchants anti internet de droite’ contre les ‘gentil de gauche’ est un leurre. Il n’y a aucune différence en terme d’approche d’internet entre Sarko et Mellanchon, par exemple. Le PS est plutot, en l’état des choses, anti internet, à peu près comme l’UMP, les nuances, franchement, sont quasi nulles. L’extrême gauche, en tout cas celle que j’ai rencontré, est tout aussi anti transparence, à un point inimaginable pour quiconque n’a pas eu l’occasion de travailler avec ces gens là (des réunion et meeting public anti loppsi). Bref, la fracture pro et anti Wikileaks/transparence/etc n’a absolument aucune corrélation avec des clans politique déjà en place. Wikileaks balaie aussi cela, ce serait bien de le réaliser.

    @Droit dans le mur

    Mais justement. Si les anti censure utilisent le spam pour faire parvenir l’info à Mme Michu ? Vous savez, les spammeurs et les hackers sont des milieux… proches… Perso, je connais un type qu’on peut aisément qualifier de spammeur qui serait tout a fait partant pour envisager ce type d’action.

    @UHM

    Plus exactement, la question est : comment empêcher des groupes politiques et économiques d’instrumentaliser des démarches nécessaires (éradication de la pédopornographie, lutte contre le terrorisme) pour instaurer une censure et un contrôle qui dépasse, et de loin, à la fois leur prétexte de départ et leur mandat républicain ?

    C’est malheureusement impossible, j’en suis la preuve vivante. Ou alors, je me suis planté quelque part, mais mes actions ont été des échecs :
    - les députés avaient sur leur bureau toutes les preuve de l’idiotie économique et culturelle à voter Hadopi, et n’ont rien fait
    http://rww.zergy.net/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/
    - les députés avaient tous sur leur bureau un document Wikileaks leur prouvant que l’argument pédophile est stupide, et ça n’a rien fait.
    http://rww.zergy.net/2010/12/09/a-la-une/wikileaks-dynamite-loppsi/
    - j’ai été interrogé à de multiples reprises sur les sujet du numérique par moulte comission de l’Assemblée Nationale sans le moindre effet.
    http://rww.zergy.net/2010/07/08/a-la-une/aux-armements-largument-qui-fait-trembler-vivendi/

    Par ailleurs, on n’éradiquera jamais la pédopornographie, d’autant qu’à la base, on s’en fout vu qu’il est scientifiquement prouvé qu’elle n’est pas la cause de la maltraitance enfantine, juste un effet secondaire abject. Si le but est de protéger les enfants, c’est aussi efficace que d’éponger le sol pour colmater une fuite.

  38. U.H.M.

    Je ne suis pas un partisan de la transparence absolue. D’autres se sont déjà posés la question des rapports entre transparence et totalitarisme d’une part, confiance et démocratie d’autre part.

    Le système démocratique (du moins celui qu’on se plaît à considérer sous nos latitudes comme « le moins mauvais des systèmes » ou « le pire des régimes à l’exception de tous les autres ») fonctionne à la confiance : confiance dans les personnes qui sont élues pour représenter le corps social et prendre les décisions souveraines qui s’appuient sur cette légitimité du suffrage universel. Si les élus, pour ne pas dire les élites, faisaient leur boulot, personne n’en appellerait à la transparence.

    Je ne veux pas prendre des accents poujadistes : c’est très facile, c’est même à la portée de la première fille de borgne venue. Mais c’est également un truisme de dire que les « élites », politiques et industrielles, vivent aujourd’hui perpétuellement dans le complot (non pas au sens conspirationniste, mais au sens de « système » tel que décrit par Assange. C’est en fait la vieille histoire des « milieux », à ceci près qu’elle rend compte, en 2010, de l’ensemble des instances dirigeantes de l’Occident. La collusion entre représentants politiques, capitaines d’industries, voltigeurs de la finance et éditocrates de grands médias, est établie.

    La transparence, (et non plus la conficance), a inspiré la création de la CADA et de la CNIL en 1978. Il est révélateur de constater qu’en dépit des progrès exponentiels de la technologie et ainsi des possibilités de publication, le mouvement législatif et intellectuelle qui avait initié ces deux lois n’a finalement pas été suivi. Au contraire, c’est la culture du secret qui a repris le dessus, et jamais aussi fort que depuis 5 ou 6 ans, avec la promotion du secret défense ou du secret bancaire, par exemple. Autant de théories peu juridiques mais qui toutes vont dans le sens de l’occultation et de la protection des intérêts particuliers de quelques uns.

    Le meilleur exemple est qu’ajourd’hui, quand sort une « affaire », on accuse les relais, les porte-voix, les enquêteurs… jamais les responsables. Jamais le système décrié. Jamais le dispositif dénoncé. Il est plus facile, et électoralement plus rentable apparemment, de sortir l’artillerie lourde de la propagande et du terrorisme intellectuelle, que d’admettre, et pour cause, qu’on a trahi le suffrage populaire, la Constitution ou le Code des marchés publics. Forcément.

    Donc je suis perplexe devant Wikileaks depuis un moment. Je suis persuadé, et très enthousiaste à ce sujet, que Wikileaks permet, dans un premier temps, de révéler les turpitudes des politiques, des corps diplomatiques et des shadow-diplomates, et de montrer à quel point le discours théorique sur la démocratie est une fable, encore aujourd’hui. En fait, en matière de démocratie, nos sociétés occidentales n’en détiennent aucunement la version idéale. Nos sociétés ne font qu’expérimenter, à des degrés divers, mais elles ne s’appuient que sur, allez, mettons 150 ans d’avance sur les autres – dans la voie que nous avons choisie.

    Mais à y regarder de près, si Sarkozy est sans aucun doute meilleur élève que Ben Ali, on ne peut décemment pas présenter Sarkozy comme un démocrate. Pas avec le traitement qu’il a réservé, depuis 3 ans, un pluralisme d’opinions, à la liberté d’expression, à la séparation des pouvoirs, à la présomption d’innocence, à la liberté de la presse, au droit à l’information, à l’indépendance de la justice, etc.

    Bref, je digresse. Oui, un système a besoin de secret, en tous cas de discrétion, pour que ses rouages fonctionnent. Et il est concevable de restreindre à certains la diffusion de certaines « informations ».

    Le secret industriel a eu son utilité pour l’essor économique – l’est-il encore quand on constate que les pratiques collaboratives et l’Open Source permettent aujourd’hui des bénéfices supérieurs, plus variés et mieux répartis ?

    Le secret diplomatique est une vieille règle des relations internationales – est-il justifié alors qu’il sert à couvrir des trahisons en masse, des meurtres, des guerres et des opérations de barbouzes ?

    Le secret-défense a sans doute son utilité dans la protection de la collectivité nationale – se justifie-t-il encore lorsqu’il s’agit seulement de mettre quelques marchés publics et leurs bénéficiaires amis du pouvoir à l’abri de la curiosité des juges ou des médias ?

    La discrétion ne doit pas pour autant permettre le détournement. Il est sans doute utile d’isoler un peu les pilotes dans le cockpit, pour qu’ils se concentrent sur leur boulot. Mais pas au point de les occulter à la vue des passagers, et de les laisser décider seuls de la destination, de la vitesse et du nombre de parachutes !

    Parce que la commande du siège éjectable ne fonctionne plus, et/ou le personnel navigant est tout entier dédié à sa cause personnelle, et plus à l’intérêt général. Je conçois que ça fait tourner la tête de piloter un gros porteur, mais quand on est responsable d’autant de vies, on applique le protocole défini tous ensemble.

    Donc Wikileaks (et Euroleaks que j’ai commencé à zieuter) semblent bien constituer, dans ce qu’on appelait il y a encore quelques années la « société de l’information », une reconquête du pouvoir (empirique, concret) par le peuple, face à des dérives constatées depuis trop longtemps, et qui prennent des proportions sans précédent en même temps que nos vecteurs d’information se sont densifiés et diversifiés.

    Ce qu’une transparence comme celle apportée par Wikileaks est susceptible d’engendrer, comme monstres, c’est la vraie réflexion à mener. Autant dire qu’un crétin comme Eric Besson, qui au mépris de la LCEN voudrait foutre Wikileaks hors de l’hexagone (cette simple phrase, qui n’a aucun sens s’agissant d’internet, montre toute la limitation intellectuelle à laquelle vous-même, Fabrice, avez été confrontés lors des débats sur Hadopi ou Loppsi 2 !!), un crétin de ce genre fait partie du problème, pas de la solution.

    J’ai assisté il y a peu à la rencontre de Libre Accès qui réunissait plusieurs cerveaux assez bien construits, Zimmerman, Bayart, Pasquini, vous-même, autour de Stallman. C’est peut-être dans ce genre de prospections qu’on pourra dégager les principes d’une refonte réelle et profonde du système. A défaut de révolution old school, qui effraie le consommateur qui rembourse son crédit, l’entrepreneur qui nourrit 15 salariés ou le père de famille qui emmène ses gosses à l’école, il va bien falloir dynamiter les points de blocages, les potentats complaisants et l’Oligarchie malfaisante (au sens étymologique). Wikileaks me paraît participer de cette oeuvre de destruction, à employer pour qu’aujourd’hui on puisse torpiller des projets comme ACTA dès leur naissance, par exemple. Sans parler des « guerres préventives » que les abjects faucons US ont pu lancer dans le passé, ou les théories contre-insurrectionnelles qui font le succès de nos petits flics et préfèts actuels.

    Donc pour résumer cette (trop longue) réponse : je sais pertinemment que :

    - le « mal » brrrr, n’est pas éradicable, et que c’est l’erreur de départ de bon nombre des députés et « spécialistes » qui votent des textes aussi débiles, techniquement inefficaces, philosophiquement archaïques, économiquement contre-productifs, que les lois Hadopi ou Loppsi 2 ;

    - devant les turpitudes des élites, qui tiennent lieu aujourd’hui de règle générale, une déconfidentialisation généralisée est très enthousiasmante, salutaire, parce qu’elle met à bas les discours mensongers, les propagandes délétères et les manoeuvres de l’ombre ;

    - à terme, et à supposer que cette démarche de transparence permette de foutre en l’air une partie de l’Oligarchie qui préside à la production du sens et partant (ce qui suppose donc que les « révélations » soient suivies de « sanctions », soit électorales, soit violentes, contre cette Oligarchie informe et peu consciente d’elle-même, qui règne sur nos vies >> quels sont les bouleversements que cette transparence pourra apporter dans les démocraties ?

    Dans ma culture, la tranparence est à la fois source de confiance, lorsque les institutions et le personnel politique sont relativement « sains », et vecteur de totalitarisme, lorsque les institutions et le personnel sont « viciés ». Comment jongler avec Wikileaks dans ce contexte ? Pas évident, pas évident du tout.

    Pour le moment, j’ai l’impression que Wikileaks est une démarche « saine », face à des institutions politiques viciées, et des personnels politiques vicieux.

    Je pense que la même chose se vérifiera pour les milieux industriels et leurs dirigeants, qui sont globalement aussi viciés et vicieux – puisqu’encore une fois, ils rlèvent tous aujourd’hui d’une caste objective de néoaristocrates, issus des mêmes écoles, convaincus des mêmes dogmes, ivres de la même puissance.

    Mais ensuite ?

  39. U.H.M.

    Mazette ces fautes…

  40. Guilhem Fouetillou

    @Fabrice Epelboin

    Oui les ingés s’amusent bien chez nous et ils n’ont pas attendu wikileaks pour cela ;). Non nous ne ferons pas d’analyse de sentiment automatiquement sur ces leaks tout simplement parce que ça n’apportera vraiment rien de bien nouveau ; par contre pousser plus avant l’analyse du vocabulaire associé à chaque pays, dirigeant, personnalité pourrait être intéressant mais comme toujours c’est du temps … Concernant le lien du medialab, il s’agit d’étudiants de sciences po qui travaillent dans le cadre du cours sur les controverses science société de Bruno Latour qui ont du bosser là dessus sachant que ce cours applique des méthodes d’analyse du web enseignées par des anciens de notre groupe universitaire (d’où les ressemblances …).

  41. Droit dans le mur

    @Fabrice Epelboin

    Non, mais là (dans le cas cité d’Orange), le spam n’arrive pas chez Mme Michu. Et non seulement le spam, mais pire, le courrier « innocent » aussi ! Et ça, silencieusement (sans avertissement) en plus.

    Certains ont commencé à se plaindre :

    http://entraide.orange.fr/assistance/messages/index/35320/messagerie-plus-aucun-email-ne-rentre-chez-107-000-utilisateurs-orange-fr.html

    Et certains essayent de trouver des solutions (pour ne pas déclencher le passage à l’analyse antispam, j’imagine) :

    http://www.delcampe.net/page/announcements/language,F,id,1740.html

    http://travaux.ovh.com/?do=details&id=4890

    J’imagine que c’est involontaire. Mais je crois que c’est ce qui attend tout projet de filtrage/censure/etc.

    Et à propos de secret, plutôt que de « choses néfastes », je parlerais de choses « assumées » ou pas. C’est-à-dire de secrets qui, s’ils étaient révélés, n’auraient pas de honte à être défendus.

  42. Fabrice Epelboin

    @Droit dans le mur

    interessant, mais je pense que les spammeurs seront, au final, bien plus forts. Si on pouvait se débarrasser du spam aussi facilement, ce serait fait depuis belle lurette, non ?

  43. Droit dans le mur

    @Fabrice Epelboin

    Ah bah, là, plusieurs dizaines de milliers de gens sont débarrassés du spam. Mais aussi de certains messages qui ne sont pas du spam ! D’ailleurs, c’est peut-être ça, tous ces avertissements de la Hadopi que personne ne reçoit :-D

    Non, c’est sûr… certains (plus forts), dont les spammeurs, réussiront à s’adapter. Mais, le problème, c’est pour les autres (une majorité quand même).

    Un peu comme une guerre : pour une « efficacité » maximum, la tentation de tout raser avec une bombe atomique, avec pour conséquence les « dommages collatéraux » maximums. Ou, admettre que la guerre, ce n’est pas une bonne idée. Il y a d’autres solutions.

    Je crois que ce qui fait réfléchir c’est : quels « dommages collatéraux » sont prêts à accepter ceux qui s’engagent dans ce type d’action (et ce n’est souvent pas eux qui en payent le prix, ou pas directement) ?

  44. Jean-marc

    Fabrice, bien entendu que les catégorisations en partis ou en  »tous pourris » sont ridicules pour jauger la qualité « démocratique » d’un parlementaire actuel.
    Je confirme ce que tu dis sur cette soi disante vraie gauche comme ils aiment à le dire concernant Internet, auquel je rajoute qu’ils n’ont pas la valeur démocratique dans leurs fondamentaux. Mélenchon y compris…

    Cela dit, il y a une manière de catégoriser les parlementaires, au regard du net, mais de la démocratie également.
    Une trentaine ayant une haute représentation de leur fonction et oeuvrant pour le mieux.
    Quelques bonnes poignées de salopards, corrompus, etc.
    Et une grosse majorité qui n’est rien d’autre que notables de province ou parisianistes de salon, une espèce de troupeau qui suivra sans broncher les ordres de son clan et du ou des leaders ; dénués de libre arbitre et de valeur démocrates, ils adhèrent à leur rocher comme des mollusques confortablement bercés par le ressac.

    Simplissime le Parlement!
    Non non, ce n’est pas caricatural…

  45. U.H.M.

    @ Jean-Marc : « Et une grosse majorité qui n’est rien d’autre que notables de province ou parisianistes de salon, une espèce de troupeau qui suivra sans broncher les ordres de son clan et du ou des leaders ; dénués de libre arbitre et de valeur démocrates, ils adhèrent à leur rocher comme des mollusques confortablement bercés par le ressac. »

    Oui mais justement. Des notables de province et salonnards de grande ville peuvent sans aucun doute être tout ce qu’ils veulent : président de PME, notaire, avocat, comptable, fonctionnaire, consultant, etc. Une fois qu’ils sollicitent un suffrage, aussi local soit-il, ils endossent une responsabilité carrément monstrueuse : ils deviennent héritiers et dépositaires d’un régime politique, d’une tradition républicaine, d’un ensemble de valeurs démocratiques, d’une part. Ils sont tenus d’un mandat représentatif, élus sur un programme, un corpus idéologique et des compétences supposées. Et leur mandat n’étant pas impératif, on attend d’eux qu’ils mettent ces compétences au service de la collectivité, et qu’ils usent de leur libre arbitre et de leur esprit critique lorsqu’ils exécutent les fonctions pour lesquelles nous leur déléguons un peu de ce qui est notre souveraineté.

    Quand on voit les députés UMP voter comme un seul homme, le plus souvent par procuration, des dispositions légales qui par ailleurs sont décriées aussi bien par les experts que par la population, que penser de ces clowns ? Doit-on réviser nos conceptions de la démocratie, doit-on relativiser les principes de pluralisme, de responsabilité et de représentativité qui accompagnent tout fonction élective, pour descendre à leur niveau ? Ou doit-on rappeler les exigences réelles et considérables qu’impliquent ces fonctions, et punir les défaillants ?

    Je conçois qu’une trentaine de parlementaires a une très haute conception de cette fonction. Je veux croire qu’ils sont un petit peu plus nombreux (haha). Et on en trouve certainement sur tous les bancs, il n’est pas ici question de tomber dans un clivage inepte (particulièrement sur les questions relatives aux technologies et aux libertés : là plus encore qu’ailleurs, le vieux clivage gauche-droite issu dans sa dernière version des années 70, n’a vraiment aucune signification. Les plus zélés des umpistes ont trouvé de gros renforts parmi les députés du PC ou encore avec cette farce qu’est Jack Lang, lorsqu’il s’agit d’attenter aux droits et libertés de leur concitoyens – et mandants).

    Je conçois facilement que les deux assemblées comptent une bonne poignée de salauds, de connards et de corrompus. Je les crois nettement plus nombreux qu’une simple poignée d’ailleurs, clientélistes, endoctrinés, profiteurs, cumulards, corruptibles, corrupteurs et corrompus, incompétents, démissionnaires, etc.

    Mais la grosse majorité de parlementaires mentionnée plus haut, si elle se contente de suivre les instructions qui viennent d’en haut, déshonore et avilit la fonction qu’elle occupe, et ne mérite qu’une chose, l’invalidation définitive de son élection. L’expulsion des palais de la république, manu militari.

    Quiconque aura suivi les débats publics sur ce qui était alors le projet Hadopi (après ce summum de lobbying que fut DADVSI, et juste avant cet excécrable fourre-tout sécuritaire et liberticide qu’est Loppsi 2) ne peut que constater qu’une grande majorité de parlementaire a tout bêtement trahi sa fonction – et évidemment, ce n’était ni la première ni la dernière fois.

    On peut aisément taxer ce discours de poujadiste, voire d’anarchiste (mais là faudrait faire preuve d’une certaine inculture qu’on ne rencontre guère que chez les « Jeunes Pops », les anarchistes étant plutôt fâchés avec la république démocratique théorique décrite plus haut), mais l’évolution récente du paysage politique français confirme pourtant le pourrissement autosatisfait des élites, leur enfermement dans des schèmes mentaux navrants, datant du 19e siècle ou bassement corporatistes, des comportements clientélistes, une inféodation totale au pouvoir exécutif (dont le mépris pour la Constitution, les libertés et le peuple n’est franchement plus à démontrer).

    Si on y ajoute un contexte plus large, où l’on ne peut que constater la collusion des élites, la protection dont ses membres bénéficient face à la justice ou aux médias, la propagation d’un discours généralisé à la fois sécuritaire, xénophobe et réactionnaire, quelques affaires d’état type Bettencourt, et une crise internationale qui voit les mêmes politiques voler au secours des banques et des spéculateurs à grands coups de chèques (aux montants 100 fois plus élevés que le déficit de la Sécurité Sociale, si détestée par le gros Kessler), pendant que les plans de rigueurs dictés par quelques « experts » appointés s’abattent sur les populations, et que les files des chercheurs d’emploi s’allongent de façon exponentielle… on peut concevoir que certains rêvent, au moins, de confondre leurs turpitudes au grand jour, voire, pour les plus excités, de les expulser de leurs bureaux et de leurs salons, pour redistribuer le fric dont ils se sont garnis les fouilles, avant de les déchoir de leurs droits civiques.

  46. U.H.M.

    Sans parler des baffes qu’il faudrait administrer à Frédéric Lefebvre !

  47. Jean-marc

    Tout est là.
    Très relativement légal,
    absolument illégitime!

    http://www.01net.com/editorial/525484/les-deputes-disent-oui-au-filtrage-du-net-et-aux-mouchards/

    http://www.numerama.com/magazine/17643-les-deputes-adoptent-la-loi-loppsi-a-une-tres-forte-majorite.html

    Le Parlement fait partie du problème « démocratique », et il faut le dire, clairement.

  48. U.H.M.

    C’est un déficit démocratique grave, parce qu’il touche précisément l’immense majorité de la population. Parce que les individus qui s’y entendent un peu mieux en technologie se joueront des verrous à la con imaginés par les besogneux du Ministère de l’Intérieu, mais que la grande majorité des gens sera, elle, pénalisée.

    Hadopi, loi de complaisance s’il en est, usine à gaz inefficace, n’avait que deux buts : satisfaire les amis de l’industrie culturelle, même de façon illusoire, et introduire le précédent du logiciel de contrôle, l’oeil du gouvernement dans la machine du particulier. Une petite loi sur les jeux en ligne plus tard, c’est Loppsi qui vient entériner le filtrage, avec un article 4 qui ouvre une boîte de Pandore, en parfaite connaissance de cause.

    La théorie du glaive et du bouclier fait que deux catégories d’individus vont s’en tirer sans problème : les hackers, plus ou moins férus de technologie et qui trouveront des parades… et les vrais criminels, en nombre infinitésimal, mais qui vont se planquer encore plus qu’avant. Tous les autres, c’est-à-dire les innocents, et parmi eux tous les opposants politiques, vont être pris dans les mailles de l’un des filets. Rappelez-vous, l’inénarrable Donnedieu de Vabres, juste après le vote de DADVSI, alors qu’il fêtait cette promulgation avec les lobbyistes de Microsoft et des Majors dans les salons de l’Assemblée, avait déclaré qu’il voulait s’attaquer à la production éditoriale sur le net. Labelliser les sites qui font, de près ou de loin, du journalisme, de l’opinion. Depuis c’est un peu en stand-by, mais franchement, quand on voit le traitement réservé à des sites comme Médiapart ou Backchich, et quand on entend les crétins lobotomisés des « Jeunes Pops » parler de la « gauchosphère », on ne doit pas se faire d’illusion sur les projets de ce gouvernement-ci (qu’en aucun cas le prochain ne détricotera, quel que soit son bord) pour la liberté d’expression sur internet.

    Pour en revenir au problème démocratique, aux pouvoirs confisqués par les salons du Siècle et par les petits dîners entre amis, avec ou sans enveloppe kraft : on est d’accord. On a actuellement une majorité parlementaire qui s’appuie sur une légitimité électorale plus que remise en cause depuis 2007, qui vote des lois dont l’inefficacité et la dangerosité sont particulièrement établies, et qui fait quand même le forcing. Certains disent : « eh bien vous savez ce qu’il vous reste à faire en 2012″. Je réponds : « faire quoi, apporter sa caution à une autre bande d’imbéciles hypocrites et clientélistes ? »;

    Pour en finir avec cette hypocrisie électorale (le vote ne consiste plus qu’à apporter une caution générique régulière à la reproduction perpétuelle d’un système qui tourne tout seul, au bénéfice de quelques catégories très minoritaires mais très puissantes), on pourrait déjà prendre en compte le vote blanc, ce qui rognerait sur le prétendu « vote contestataire » qui jette un nombre conséquent de citoyens dans les bras des extrêmistes (l’extrême gauche folklorique des Mélenchon – Besancenot, ou l’extrême-droite nauséabonde et criminogène), et invalider toute élection qui comporterait un vote blanc supérieur à un % des inscrits par exemple.

    Bref, on ne va pas ici faire de propositions politiques, c’est assez vain et ça n’est pas le sujet. Pour le moment, on constate juste la trahison des parlementaires, leur capitulation (zélée ou objective) devant un exécutif qui s’emballe en continu, et la nécessité de reprendre le pouvoir comme on le peut (Wikileaks, blogs d’expression, initiatives civiles, hacking, etc.).

    S’est posée récemment (je parlais de la rencontre Libre Accès avec Stallman) la question de la convergence de luttes assez diverses et hétéroclytes, face à un pouvoir tout entier dévoué aux entités propriétaires et aux oligarques. Convergence peu probable, peut-être même peu souhaitable, mieux valant continuer de contester et d’attaquer, chacuns dans sa sphère de compétence et avec ses moyens. Mais la frustration accumulée est énorme, et la colère tout autant. Les crevures qui dinent chez le gros Kessler ignorent ou méprisent cela, et il se pourrait qu’ils le paient bientôt – espérons.

  49. Jean-marc

    @UHM
    Ne m’en veux pas, mais bien que je sois très remonté contre le Parlement et ce qu’il laisse faire comme blessures à Internet et à la Démocratie en général, je ne me retrouve pas dans ton discours, qui a quelque chose d’extrémiste je trouve ; le ton peut être…

  50. U.H.M.

    Une réflexion un peu alambiquée mais qui contient des choses intéressantes sur la question : http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1828

  51. Jean-marc

    C’est bien ce que j’avais pressenti te concernant UHM…
    Intéressant ce texte, vraiment.
    Reste que l’anarchisme n’est pas pour moi une grille de lecture satisfaisante.
    Je suis démocrate, foncièrement, ce qui en l’état et en l’Etat écarte cette hypothèse idéologique comme solution systémique.

  52. U.H.M.

    @ Jean-Marc : mon ton, je sais bien. Je ne pense pas être un anarchiste – ou alors plus « stirnerien » que « bakouniste » (appellation non contrôlées). Mais plus sérieusement, je pense être (encore) un démocrate. En tous cas, toujours plus que les déçus du système qui apportent leur voix à des tendances très clairement antidémocratiques, elles, des deux côtés de l’échiquier politique. Un démocrate, mais navré devant le spectacle d’une démocratie qui n’en a plus que les apparences.

    Le constat, c’est qu’aujourd’hui, un discours qui promeut un retour à l’orthodoxie démocratique est assimilé à un discours qui promeut l’anarchie (encore une fois, je sais ce que mon ton peut avoir de confusant). Si l’anarchie n’est pas une solution systémique, il faut également se battre contre la propagande qui consiste à présenter toute alternative au système actuel comme une tendance anarchiste. On pense aux partisans du Libre, taxés de proudhonisme, ou aux hackers, taxés de terrorisme.

  53. Droit dans le mur

    En regardant :

    http://xkcd.com/837/

    Je me dis que oui, définitivement, ce qui est dangereux c’est le secret non assumé. Certains peuvent parler de « dictature de la transparence », mais chercher à avoir des secrets que l’on aurait honte de défendre (s’ils devenaient publics)… ça sera toujours une faille, une faiblesse.

    Et ça peut rejaillir sur tout le monde. Ça commence par la paranoïa (on a peur que le secret devienne public). Et ça débouche sur la mégalomanie (on cherche à tout contrôler pour que le secret ne devienne pas public). Et c’est comme ça qu’on finit tyran… (juste pour protéger un malheureux secret dont on a honte)

  54. pom

    Merci pour cet article.

    Typo en passant: voir l’insurrection -> voire l’insurrection.

  55. logicos

    Qui se croit encore en Démocratie ?
    Trop a gauche ou trop a droite: l’armée déboule.
    Le Peuple dit NON a l’Europe, c’est le OUI qui gagne.
    Le Peuple est massivement POUR la peine de mort: c’est le CONTRE qui s’applique.
    On déclare des guerres sur des mensonges: pas de justice pour sanctionner.
    Les droits des plus riches et des puissants s’imposent a tous: aucune sanction du Peuple.
    La Démocratie n’existe pas.

    Ceci dit: voyons comment on pourrait changer cela, et cessons de geindre des évidences.

  56. Morgan Mccarthy

    Palahniuk et son Tyler Durden, malgré tout ce qu’il y avait d’approximatif là-dedans, préfiguraient ce qui est aujourd’hui possible. Un employé d’ambassade, un administrateur réseau, un prestataire, une comptable, un salarié mécontent, un cadre licencié, une « technicienne de surface », tout le monde peut faire fuiter les petits secrets des puissants et des voraces, et révéler au grand jour les réalités purulentes des marchés. Secret professionnel ? Secret-défense ? Secret d’affaires ? Secret diplomatique ? Désolé, les gars, petite « élite » riche et autoproclamée : nous nous en moquons, vous avez perdu toute légitimité pour en bénéficier. Vous avez trahi vos fonctions, vos mandats arrivent à terme. Vous vous goinfrez sans retenue, nous ne perdrons plus de temps à vous rappeler à l’ordre. Le « petit peuple » peut enfin reprendre un tout petit peu le contrôle de son destin, parce qu’il a internet. Et c’est ça que la Sarkozie veut à tout prix contrôler : le développement d’un véritable contre-pouvoir, que la presse générale ne peut plus se targuer d’être. Seulement le mouvement est mondial, et le gros Kessler fera comme les autres : il barbotera un temps à la surface du ras-de-marée, aussi paniqué qu’un trader en période de krach boursier, et il coulera avec ses stock-options. Les affaires Woerth-Bettencourt et Sarkozy-Karachi ne sont que les premières. J’ai hâte, vraiment hâte.

  57. mosquito

    Je n’ai pas pris part à cette discussion, de peur d’en casser le rythme d’une part, et de n’avoir pas d’arguments particuliers à mettre en avant qui n’aient été avancés par les uns ou les autres.
    Mais je voulais vous remercier -collectivement- de ce débat de haute tenue, et remercier Fabrice de certains détails que j’ignorais à propos de RRW, que je continuerai à suivre avec d’autant plus de « gourmandise ».

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