La jeunesse de Gaza se démarque de ses ainés sur Facebook

A Gaza, un groupe de jeunes s’est saisi d’internet pour protester contre son sort et fait contraste avec les générations précédentes d’activistes dont ils dénoncent l’autoritarisme et les exactions. Gaza Youth Breaks Out rejette massivement les luttes de leurs parents qu’ils tiennent pour responsables de la situation actuelle, et ils le font sans la moindre concession.

‘Gaza Youth’ (les jeunes de Gaza) est un groupe issu de la bande de Gaza qui s’est emparé de Facebook en un éclair, en y publiant un manifeste sans compromis qui renvoi dos à dos les Israéliens et leur propre communauté. Un texte qui est comme une bouffée d’air frais dans une situation particulièrement viciée.

Voici un extrait de leur manifeste. Si vous êtes de nature sensible, mieux vaut stopper ici votre lecture.

“On emmerde le Hamas, on emmerde Israel, on emmerde le Fatah, on emmerde les Nations Unies, on emmerde les USA ! Nous, la jeunesse de Gaza, en avons plus que ras le bol d’Israel, du Hamas, de l’occupation, des violations des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale ! Nous voulons crier et faire tomber le mur du silence, de l’injustice, et de l’indifférence de la même façon que les F16 Israelien passent le mur du son ; crier à nous époumonner afin de relacher cette immense frustration qui nous consume du fait de cette putain de situation dans la quelle nous sommes. Nous somme comme entre le marteau et l’enclume, nous vivons un cauchemar dans un cauchemar, sans place pour le moindre espoir, sans le moindre espace de liberté. Nous en avons marre d’être pris au piège des luttes politiques, nous sommes malade de devoir vivre ces nuits hantés par des avions qui plannent au dessus de nos maisons, malades de voir ces fermiers innocents se faire tuer dans les zones frontalières parce qu’ils cultivent leurs terres, malades de voir ces barbus se ballader armés et abuser de leur pouvoir, nous tabasser et nous emprisonner pour avoir manifesté ce pour quoi nous croyons, malades de ce mur de la honte qui nous sépare du reste du monde et qui nous emprisonne dans un territoire de la taille d’un timbre poste, malade de nous voir représenter comme des terroristes, comme des fanatiques bardés de ceintures d’explosifs aux yeux plein de haine, malades de l’indifférence que nous lisons dans les yeux de la communauté internationale, de ces soit disant experts qui expriment leurs préoccupations et rédigent des résolutions sans avoir le courage d’appliquer quoi que ce soit. Nous sommes malades et fatigués de vivre une vie de merde, emprisonnés par Israel, battus par le Hamas, et complètement ignorés par le reste du monde.”

Ces gosses ne sont pas le modèle habituellement décrit qui jette des cailloux et ne pensent qu’à exprimer leur rage. “Nous ne voulons pas haïr” disent-ils, “nous ne voulons pas ressentir tout cela, nous ne voulons plus être des victimes. Nous voulons trois choses : nous voulons être libre, nous voulons avoir une vie normale, nous voulons la paix. Est-ce trop demander ?”

Ils sont particulièrement doués pour faire passer leur message à travers les média sociaux. Ils ont un blog, bien sûr mais leur principal vecteur de communication n’est autre que leur page Facebook qui est suivie par plus de 20000 personnes à ce jour.


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4 commentaires pour cet article

  1. leblase

    Une voie nouvelle pour sortir du piège? Il semble bien qu’il soit impératif de passer la main aux jeunes générations

  2. elarips

    BRAVO !

    a lire et à voir:

    Le Blues de l’Orient, un film de Florence Strauss
    Le sionisme du point de vue de ses victimes juives, un livre d’Ella Shohat
    A la croisée des fleuves !

    « J’ai toujours été persuadée, nous disait Esther Benbassa, que [les misrahim] détenaient les clés de la coexistence – pour peu qu’ils surmontent leur contentieux avec eux-mêmes, avec leur propre arabité. » De quoi rêver d’un monde où aucun peuple ne se verrait plus imposer de « test de civilisation » – et ce, dans l’intérêt de tous, y compris de ceux qui font passer les tests : « La paix, écrit Ella Shohat, ne sera pas possible sans respect envers « l’Orient » sous toutes ses formes, que ce soient les misrahim, les Palestiniens ou les peuples arabo-musulmans voisins. »

    Mona Chollet

    http://www.peripheries.net/article314.html

  3. John V. Doe

    Oooh, comme c’est beau de voir la révolte se transformer en indignation. Quel progrès… à reculons. Et en anglais pour pouvoir convaincre nos opinions que « les jeunes » mettent sur le même plan l’occupant meurtrier et la résistance. Comme c’est crédible :-D

    Et non, ça ne sent pas du tout le parfum libéral des « révolutions » commanditées par la CIA au travers de ses divers paravents depuis qq années. Dans un Gaza où la majorité des gens ne mangent pas à leur faim, des facebookeurs anglophones sont surement trèèès représentatifs de la population ;-)

  4. Fabrice Epelboin

    @John

    Attention John Doe, la dernière fois qu’on a traité Curt Hopkins d’agent de la CIA, c’était un cyberflic de Ben Ali déguisé en méchant Islamiste qui fait peur. Vous êtes quoi, vous ? Un sbire du cabinet noir de Sarko ? Un adorateur de Messant ? Ou un simple belge antisémite ?

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