Telecomix invité par RSF à Genève : les hackers de l’humanitaire

Humanitaire, c’est un bon terme pour qualifier l’action de Telecomix en Tunisie, en Egypte, en Libye et ailleurs. C’est probablement l’une des raison qui a poussé Reporter Sans Frontière à inviter deux agents de Telecomix, Chrisk et Fo0, à Genève, le 12 mars prochain, à l’occasion de la journée mondiale contre la cyber censure, afin qu’ils expliquent en détail à un parterre d’ONGs la façon dont Telecomix a porté assistance aux révolutions en cours en Afrique du nord et ailleurs.

Bienvenue au club de l’humanitaire, en quelque sorte.

L’année dernière, nous avions eu l’honneur de tisser des ponts entre le bureau internet de RSF Paris et Xerobank, une organisation issue de Hacktivismo, acteur historique du hacking militant. Cela a permit la mise en place de l’abri anti censure aujourd’hui en service au siège de RSF. Cette année, c’est à l’initiative de Stephane Koch que se tient ce premier workshop, et comptez sur notre capacité de lobbying pour que ce ne soit pas le dernier /-)

Nous l’avions déjà évoqué ici, Telecomix se trouve derrière des opérations comme le rétablissement d’une connectivité internet pour l’Egypte (avec la FDN) quand Mubarak avait décrété un blackout, l’exfiltration de vidéos de Tunisie quand Ben Ali a bloqué leur transfert sur Facebook, le mirroring massif de Wikileaks quand le gouvernement américain a tenté de le censurer, ou bien encore de la mise à disposition de technologies de cryptage, d’anonymisation ou de contournement de la censure destinées aux cyberdissidents. La liste, bien plus longue encore, ressemble à un inventaire à la Prévert d’un hacking éthique et militant, qu’on peut désormais qualifier d’humanitaire.

L’aspect humanitaire est certain, bien plus interventionniste que ne l’aurait jamais imaginé Kouchner 1.0, mais néanmoins évident.

Knowledge sharing

Telecomix animera à Genève un workshop, à destination des ONG, dont le but est de leur transmettre les connaissance essentielles et de les sensibiliser à la gestion de nouveaux risques liés à l’utilisation des NTIC (anonymat des communications, sécurité de l’information, protection des sources), mais également d’expliquer la façon dont Telecomix a utilisé les réseaux sociaux lors des révolutions.

A travers ce workshop qui durera une journée, la matinée étant consacré à une approche théorique, Telecomix tentera de répondre a une série de question essentielles :

  • Quels sont les moyens d’interception ou d’écoute des régimes autoritaires ou des dictatures ?
  • Quelles sont les traces – exploitables – que l’on laisse quand on utilise ces outils et technologies ?
  • Comment contourner la censure ?
  • Comment protéger ses données et ses sources ?
  • Comment sécuriser ses échanges (emails, messages, utilisation du Web) ?
  • Quelle démarche et quel comportement adopter quand on se rend dans un pays étranger ?

Des connaissances essentielles pour tout travailleur du secteur humanitaire, mais pas que.

Et en bonus track, un reportage de la Télévision Suisse Romande sur Telecomix avec Chrisk en guest star.


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22 commentaires pour cet article

  1. Emma Indoril

    « Telecomix animera à Genève un workshop »

    Fabrice, je sais que l’anglais est le latin des informaticiens, mais, au risque de paraitre vieux jeu, ou pire, vieux shnock, pourrais tu utiliser des termes Français quand ils existent ?

    Remplacer Workshop par Atelier, ça marche aussi est c’est tout aussi compréhensible.
    « Mirroring » n’a pas (encore) d’équivalent dans la langue française, mais par chance ça reste compréhensible, en attendant qu’un Néologiste (Hacker language ;-) )se penche sur la question.

    Pour Victor, Georges, Serge, et tout les autres, merci par avance.

  2. phaleon

    J’ai une erreur dans le lien « Programme du *workshop* » manque le h de http

    Pour ceux qui ne pourront pas venir a Geneve, y aura t il un resume de l’atelier/workshop ?

    Merci , pour vos articles, j’apprecie beaucoup.

  3. Fabrice Epelboin

    @Emma

    C’est un long débat, habituellement, mon parti pris est effectivement d’utiliser l’anglais/latin, là, c’est vrai que j’ai poussé le bouchon un peu loin ;-)

    @phaleon

    Corrigé, thanks :-)

  4. Fabrice Epelboin

    @phaleon

    Pas sûr qu’il y ai un résumé, par contre, ce ne sera pas le dernier du genre et on se donnera des moyens audiovisuels à la hauteur pour le diffuser à large échelle pour la prochaine édition (pas sûr du tout que RSF ait prévu quoi que ce soit pour cette première édition).

  5. mmjs

    C’est quoi cette vidéo en flash???

  6. Fabrice Epelboin

    @mmjs

    un reportage de la TSF sur Telecomix, le .avi est ici : http://humaninternet.info/S146_hacktivistes_web.avi

    ;-)

  7. focalix

    Bien sûr, il faut utiliser les termes français quand ils existent.
    Sans souhaiter l’autarcie linguistique (quels crânes d’oeufs ont décidé de traduire bug par bogue, alors que ce petit mot rigolo de trois lettres avait déjà été plébiscité par l’usage?), plutôt que de sharer mon knowledge, sans charre je préfère partager mon savoir.

    Il faut penser à icelles et iceux:
    - qui ont séché les cours d’anglais à l’école.
    - qui ont pris l’espagnol en première langue.
    - qui ont appris leur premiers mots d’anglais dans les années 50, et qui n’ont jamais vu un magnétophone dans leur classe (c’est mon cas).
    - et tous ceux qui aiment notre langue, cette vieille dame qui aime bien qu’on la bouscule, voire qu’on la culbute, pourvu que ce soit avec élégance.

    Pour en revenir au français, cryptage est un anglicisme, le terme exact étant chiffrement.

    Sur le fond, vous êtes en première ligne pour la défense des libertés sur le Net, et je lis vos articles avec intérêt.
    Vous avez donc quelques circonstances atténuantes.

    Mais ne recommencez pas!

  8. fo0

    Emma Indoril, Mirroring = sites miroir tout simplement. :)
    Merci Fabrice de relayer l’information et de ne jamais censurer les commentaires, qu’ils soient utiles ou de surfaces pour que le sol « brille ».

  9. stéphane koch

    Hello, merci pour cet article ;) Je tiens néanmoins à préciser qu’il y aura en plus des agents Telecomix (que je remercie pour leur présence en passant) sept autres « formateurs/intervenants » et que les informations, détails et inscription au workshop/atelier figurent sur le site dédié à cet événement: https://www.actforfreedom.org (merci de changer l’adresse dans l’article). Au plaisir de vous y croiser samedi !

    @Fabrice je ne sais pas si « prévu » est le bon mot ;) On est ouvert à toutes propositions, mais à titre perso, je vais avoir de la peine à gérer un livestream et les panels en même temps, néanmoins, j’essayerai de filmer les panels on verra sur le moment ce qu’il sera possible de faire…

  10. Kac

    Bon courage et bravo aux représentants de Télecomix un petit 73 à fo0.Pour ce qui est de l’anglais ben oui moi aussi je suis souvent largué mais bon je fais avec car demain
    Workshop Mirroring et autres mots de la langue de Shakespeare seront aussi utilisés que Corner, parking ou autre tee shirt. Bon dans le domaine humanitaire je vois que RSF active un bon RDV alors affaire à suivre…

  11. bilbaooo

    @fo0 : peut-être ta lecture a t-elle été un peu rapide mais ta réponse à Emma Indoril ne brille pas non plus.
    « Mirroring » n’a pas (encore) d’équivalent dans la langue française, mais par chance ça reste compréhensible  »
    Tout le monde comprend le sens de mirroring et de workshop, là n’est pas la question, il s’agit d’employer les mots français lorsqu’ils existent. Notre langue est riche, ne la perdons pas avec des anglicismes inutiles.

  12. Fabrice Epelboin

    @bilbaooo

    Bon, je vais venir mettre mon grain de sel dans cette trollerie marronière du respect de la langue Française par les affreux geeks, un phénomène typique RWW, ça prouve qu’on a des lecteurs cultivés, c’est cool, mais l’anglais a tout de même de sacrés avantages : il permet d’approfondir les savoir et de croiser les cultures. Faites une requête sur ‘grid computing’ et une autre sur la ‘grille informatique’, et vous allez voir la qualité des connaissances que vous allez pêcher d’un coté et de l’autre.

    On abîme la langue française, certes, mais on ouvre au savoir… Franchement, j’ai fait mon choix. Je massacre l’orthographe, certes, mais je respecte suffisamment la langue française pour garder un karma positif ;-)

  13. Emma Indoril

    @ tout le monde :
    Désolé pour le Troll linguistique, n’y voyez pas une quelconque attaque sur le fond ou la forme de l’article. C’était mon coté Waldorf & Stadler qui ressortait !

    @foO : ben oui, « sites miroir » c’est tellement évident que je suis passé à coté !

  14. Fabrice Epelboin

    @Emma

    Non, non, c’est très bien les trolls linguistiques, c’est ce qui fait le coté intello de ce blog, au contraire, il faut continuer ;-)

    Ceci dit, il faut aussi réaliser qu’à tes cotés, il y a Jacques Toubon et Roger Karouchi (si, si)… LULZ ;-)

  15. focalix

    à Fabrice,

    [quote]…l’anglais a tout de même de sacrés avantages : il permet d’approfondir les savoir et de croiser les cultures[/quote]
    Tous les anglophones vous le confirmeront.
    En milieu francophone, on n’a encore rien trouvé de mieux que le français!

    Il arrive qu’un mot anglais soit pertinent (par exemple s’il n’a pas encore été traité par nos distingués néologues). Dans ce cas, le mieux est d’en donner une petite explication pédagogique (en français).
    D’autres mots ont un équivalent français validé par la Commission générale de terminologie et de néologie, mais ne sont pas bien entrés dans l’usage. Digital, par exemple, est encore trop souvent employé pour numérique.
    Enfin, notre langue donne une foule de mots parfaitement pertinents. Les jargoniser inutilement, c’est du vandalisme. Je ne vois par exemple aucune raison autre que la paresse intellectuelle pour qu’un Noir devienne un Black ou un joueur devienne un gamer.

    Vous êtes geek*, militant et citoyen (reprenez-moi si je dis des sottises), voilà des bonnes raisons pour vous lire avec intérêt, et aussi avec plaisir.
    Les citoyens non geeks et non anglophones (ça existe) ont un double problème de lecture, puisqu’ils doivent faire face au jargon geek et au lexique anglophone.
    C’est sans doute un lectorat important qu’il serait dommage de laisser derrière la porte de RWW…

    *Les guiques ont cracked ze Petit Larousse. Ils sont inside depuis l’issioue 2010!

    PS
    [quote]Ceci dit, il faut aussi réaliser qu’à tes cotés, il y a Jacques Toubon et Roger Karouchi…[/quote]
    Là Fabrice tu accuses quasiment Emma d’être la complice de Jacques Toubon et Roger Karoutchi, hou là là mais c’est limite point Godwin ça LUNF!
    Nous sommes dans l’argument « tu quoque » (toi aussi), variante de l’argument ad hominem qui consiste à attaquer non pas un raisonnement, mais son auteur voire ses proches réels ou supposés.
    Carton jaune!
    Non mais sans blague.

  16. focalix

    …Et pardon pour les [quote][/quote] inopérants dans le message qui précède (c’est celui qui suit).

  17. Fabrice Epelboin

    Je vais être un peu brutal mais honnête : les non geek et non anglophones sont foutus, de toutes façons. La somme de connaissances à acquérir pour ces gens là afin de leur offrir une place au XXIe siècle est bien trop importante. Le plus sage est de les subventionner et de les assister, car il ne feront pas parti du monde de demain. Il ne faut pas les abandonner pour autant, attention, mais ne vous faites pas d’illusions, ils ne prendront pas le train en marche. C’est trop tard.

    Sinon, non, je n’accuse pas du tout Emma d’être complice de Karoutchi, c’est une blague, je remarque juste que le clan des amoureux de la langue française accueille tout de même de droles de loustics, Emma commente très régulièrement ici, je suis sûr qu’elle a compris cela ;-)

  18. Germaine M

    fabrice, c’est pas parce que tu es lâchement planqué derrière ton clavier que tu peus tout te permettre.
    Je te signale pour ta gouvernante que focalix est mon mari, t’aurais pas dû l’insulter et insulter sa mère car avec moi tu tombes sur un bec.
    Mon mari est peut-être un lascar mais toi t’es un drôle d’épistolaire.
    Tu as été bercé trop près du mur ou quoi?
    Et mon mari est moins guic que tu crois.
    A preuve, le pare-feu d’open office, fessebouc, touiter et bien d’autres trucs encore, tout ça il connaît.
    Alors remue un peu tes deux neuronnes et attention à ce qu’ils ne s’entrechoquent pas.
    Tu as intérêt à faire gaffe aussi à ce que tu dis parce qu’ici, sur l’internet, je suis chez moi, demande à n’importe qui, tout le monde me connaît.

    Germaine Michu

  19. Fabrice Epelboin

    Christine, on t’as reconnu !!!

  20. Romain

    @fabrice, j’assisterais demain à l’atelier et aux conférences théoriques de la matinée, je publierais dans la mesure du possible un résumé pendant le week-end, qui sera aussi peut-être repris sur le blog du Parti Pirate. A+

    (PS : à l’heure actuelle il y a à peine plus de participants que d’organisateurs, donc je ne sais pas s’il y aura d’autres publications)

  21. Fabrice Epelboin

    A peine plus de participants que d’organisateurs ????

    Bordel, on va les faire venir à Tunis, ils vont faire salle comble, garantie sur facture.

    N’hésites pas à me faire suivre ton compte rendu, on publiera cela ici :-)

  22. focalix

    Tous les geeks (et beaucoup parmi les autres) le savent, le Net a été conçu, justement, pour résister à une attaque nuclaire.

    Après wikileaks (Réappropriation de contenus qui nous appartiennent), les Anonymous (qui font trembler les censeurs), voilà donc Telecomix, qui crée les bretelles de contournements nécessaires quand un despote s’en prend à la circulation de l’information.

    Je pense que cette dernière inorgasisation sera bientôt aussi connue que wilileaks et les célèbres Anonymous.
    Surtout si des personnes comme Richard Stallmann (qui en plus se débrouille plutôt bien en français) ou Benjamin Bayart (très bon pédago, l’humour en prime), – et pardon de ne pas dérouler l’annuaire de tous ceux qui défendent nos libertés sur le Net – sont dans le coin ce jour-là.

    Même si cette rencontre de Genève est, comme on dit, un succès d’estime, elle sera utile.
    La cyberguerre (mais n’exagérons rien) semble perdue pour nos « civilisateurs » et autre castrateurs du Net.

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